GAMESEDITEURS ★ FIL RÉORGANISE LA DISTRIBUTION DU LOGICIEL FAMILIAL ★

Fil - Qu Est Ce Qui Fait Marcher Fil|Tilt)FIL Réoganise la Distribution du Logicel Familial|Science et Vie Micro)COMPAGNIE D'EDITION - FIL (FRANCE IMAGE LOGICIEL)Genre Film

Fil, le premier éditeur de logiciels familiaux en France, vient de signer coup sur coup deux accords qui réorganisent profondément la distribution de ce type de produits dans l'Hexagone et lui donnent le contrôle d'une partie importante du marché. Premier accord en forme de coup de théâtre, le rachat par FIL de Cadre, la filiale de distribution d'Infogrames, et le regroupement derrière cette structure nouvelle de 5 éditeurs. Deuxième accord, le contrat conclu entre FIL et le groupe QLD, repreneur des 94 magasins NASA en France, qui donne à FIL le contrôle total sur les logiciels mis en place dans ces points de vente en échange de la reprise des invendus à ses frais. La prise de participation majoritaire de FIL dans Cadre, signée fin mars, c'est une surprise. En effet, il ne s'agit pas seulement d'un rachat, mais aussi d'une alliance entre rivaux. Cinq éditeurs confient à la nouvelle structure, baptisée Câble et dirigée par François Robineau, le P-DQ de FIL, la distribution exclusive de leurs produits. Il s'agit d'Infogrames, ancien propriétaire de Cadre, Cobra Soft, qui appartient à Infogrames depuis juillet 1986, Ere Informatique, qu'Infogrames vient d'acquérir, Softhawk, petite société née en novembre dernier et qui était distribuée par FIL, et Free Game Blot, l'entreprise du très français monsieur Blot. Premier sujet d'étonnement : Infogrames accepte de passer sous les fourches caudines de FIL, son grand rival, pour la distribution de ses logiciels. Second sujet d'étonnement : Ere Informatique, qui en était à envisager un affrontement judiciaire avec FIL à la mi-mars, se range sous la bannière de son adversaire à la fin du mois. Rappelons que l'accord de rachat d'Ere par Infogrames, au prix de 1,5 million de francs, constituait une espèce de déclaration de guerre à FIL, dans la mesure où l'accord de distribution signé entre Ere et FIL en septembre dernier était toujours en vigueur. Infogrames rachète Ere, FIL rachète un morceau d'Infogrames et récupère du coup la distribution d'Ere : jolie partie d'échecs qui résout de façon élégante un conflit menaçant de dégénérer...


Bruno Bonnell d'Infogrames fait la paix avec François Robineau de FIL :
« Nous continuerons à nous haïr », plaisantent les frères ennemis.

Les cinq éditeurs distribués par Câble représentent, selon François Robineau, le tiers du marché français du logiciel familial en chiffre d'affaires, et les deux tiers si l'on exclut les produits importés, en considérant que le marché se partage à égalité entre logiciels d'origine française et logiciels étrangers. L'alliance distribuera d'ailleurs également un éditeur américain, Microprose, dont FIL avait déjà acquis l'exclusivité pour la France. Câble prévoit un chiffre d'affaires de plus de 100 millions de francs pour la première année.

« Pions avons trouvé anormal qu il n 'y ait pas d'outil de distribution puissant en France », dit François Robineau, de FIL. « C'est la première opération de normalisation du marché » , dit Bruno Bonnell, d'Infogrames, qui ajoute :

« Jusqu'ici, c'était l'anarchie, la guerre des prix. Maintenant, les chaînes comme Auchan auront enfin un interlocuteur qui aura le pouvoir de négocier. Si les éditeurs français ne se fédèrent pas, ce sont des sociétés étrangères qui vont prendre le contrôle du marché.

Regardez l'Allemagne, oùAriola Soft, éditeur et distributeur, tient entièrement le marché. Des gens comme eux, en déboulant chez nous avec des logiciels à 50 F, pourraient balayer l'édition française. Soit on attendait d'ètre mangés tout crus, soit on s organisait. » Après ce Yalta de l'édition grand public française, FIL devrait ralentir ses activités d'édition pour se concentrer sur la distribution, tandis qu'Infogrames abandonne la distribution en France pour se consacrer à l'édition et à l'export. Mais FIL, qui contrôle désormais la distribution de 5 éditeurs, ne risque-t-il pas de favoriser ses propres logiciels au détriment des autres ? « notre premier souci sera de ne pas déséquilibrer Câble », répond Robineau. « Câble a besoin de nous », dit Bonnell.

« Rassurez-vous, en tant qu'éditeurs, nous continuerons à nous haïr », ajoutent-ils tous en choeur. Un mariage de raison, donc, où chacun aura l'autre à l'oeil. Que reste-t-il en dehors de Câble »

Le distributeur Innelec, d'abord, qui a fait 48 millions de chiffre d'affaires fin 86, et dont le patron, Denis Thébaud, n'avoue aucune inquiétude. Quillemot, ensuite, spécialisé dans l'importation, peu aimé par ses concurrents qui l'accusent de casser les prix. Loriciels, enfin, qui joint à son activité d'éditeur une filiale de distribution, et que l'accord n'inquiète pas non plus. Laurent Weill, son directeur, affirme en revanche que les boutiques vont pâtir : « Elles vont perdre leur capacité de négociation, et FIL offre les remises les plus basses de la profession Pour les éditeurs associés à Câble, « C'est dramatique, dit-il, car chacun d'entre eux va être noyé au sein d'un catalogue de 3 à 4000 produits, et va vendre beaucoup moins de chacun de ses titres » . Quinze jours plus tard, FIL signait un accord avec le nouveau propriétaire de la chaîne de distribution NASA, pour mettre en place un système similaire à ce qui existe dans la presse ou l'édition. FIL s'assure l'exclusivité de la fourniture de logiciels à ces magasins, et choisira lui-même la sélection de titres à mettre en place. En échange, il s'engage à reprendre les invendus, ce qui limite les risques pour le revendeur.

Pour fournir NASA, une nouvelle entreprise dont le nom de code était Micro-FIL a été fondée en association avec le distributeur Micro-Mania. FIL, qui contrôle cette nouvelle société, compte sur le savoir-faire de Micro-Mania dans la vente par correspondance de logiciels de jeu (notamment d'US Gold et Océan) pour assurer la sélection des titres et la publicité. Deux cents produits environ seront ainsi mis en place dans chaque magasin, logiciels pour IBM PC compris, et tout titre ne tournant pas au moins une fois par semaine sera impitoyablement éliminé. « Il s'agit de décharger le point de vente du rôle de trésorier de l'éditeur », dit François Robineau. Chez certains revendeurs parisiens J'ai vu des logiciels datant de plus de deux ans !

« Pour l'instant, la chaîne NASA est en phase de redémarrage, mais ses 94 magasins risquent de peser lourd d'ici quelque temps. Câble d'un côté, NASA de l'autre, FIL ne tenterait-il pas de s'arroger un monopole sur la distribution du logiciel grand public en France »

« Ce n 'est pas de l'hégémonie, c 'est de l'organisation », répond François Robineau, qui insiste : « les deux structures sont ouvertes à tous les éditeurs qui souhaiteraient y rentrer ».

SCIENCE&VIE MICRO n°39

CPCrulez[Content Management System] v8.75-desktop/c
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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.