PEOPLESCPC STAFF ★ MARION VANIER : Amstrad console ou non ? (1990) ★

Marion Vannier - Amstrad Console Ou Non|Tilt)Marion Vannier - Interview|Micro News)Marion Vannier - Rencontre Avec uneFemme Remarquable

Lancé en septembre 1984, puis décline en diverses versions, le CPC464 ne parvient plus a contrer les consoles de jeu. A l'évidence, la société Amstrad doit moderniser ou remplacer son produit vedette. Verra-t-on le lancement d'un 6128+ , voire d'un 16/32bits?

Maron Vanier : Amstrad console ou non?
Maron Vanier : Amstrad console ou non?

Marion Vannier, P.-D.G. d'Amstrad France est restée fidèle a la tradition discrétion de la marque. Lors de l'interview qu'elle nous a accordée. Ce qui n' empêchera pas tous ceux qui savent lire entre les lignes de découvrir ce que cela cache. Confirmation cet été ou dans notre prochain numéro ...

Tilt. Les consoles japonaises ont tue, aux Etats-Unis, le Commodore 64 qui occupait une place comparable a celle qu'occupent aujourd'hui les Amstrad CPC en Europe. Ne craignez-vous pas qu'a plus ou moins long terme le mime phénomène ne se reproduise en Europe et que l'on assiste a l'éviction des CPC, pris en étau entre les consoles de jeux et les compatibles PC ?
Marion Vannier. Première chose : je trouve qu'une console n'est pas un véritable micro-ordinateur. C'est un produit qui va être consomme par milliers en France en fin d'année. Vous ne pouvez pas remplacer l'achat d'un ordinateur par l'achat d'une console, cela n'a rien a voir. Par contre, tous ceux. qui cherchent  un cadeau et qui achètent un ordinateur comme ils achèteraient une bicyclette ou un mikado peuvent très bien se dire : tiens, pourquoi n'offrirais-je pas une console, c'est moins cher qu'un micro. Moi, je crois que ceux qui cherchent autre chose. En tout cas, c'est ce que je crois, et c'est a moi de faire passer le message. Il est vrai que beaucoup de jeunes se servent d'un ordinateur comme d'une console et là , il y a un problème. Maintenant, nous devons être capable d'expliquer en publicité la différence entre une console et un véritable micro-ordinateur. Je crois beaucoup au travail qui est fait pour les jeunes en informatique, en leur donnant un ordinateur a partir de cinq ans,

T. Mais pensez-vous que, dans les années qui viennent, ce sont les Amstrad CPC qui pourront re-pondre aux aspirations des amateurs de micro-ordinateurs. Ne se tourneront-ils pas plutot vers l'univers PC ou vers les 16/ 32 bits?
M. V.Ecoutez, moi, pour mes enfants qui ont sept ans, huit ans, je n' achète pas un PC compatible. J'achète un ordinateur familial. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre !

T. Un ST ou un Amiga ne sont pas du vinaigre!
M. V. Pour moi, il y a deux univers : le PC compatibles et les ordinateurs familiaux. Je ne parle pas des différences qu'il y a entre un Atari et un Amstrad. Je ne vais pas me mettre a parler d'un produit plutôt que d'un autre, degommer l'un au dépens de l'autre, d'autant plus que j'aurai probablement bientôt de nouveaux produits. Aujourd'hui, je ne peux pas vous en parler . Aujourd'hui , je ne peux qu'évoquer le passé et pas le futur.

T. On parle pourtant de plus en plus d'une console Amstrad pour la rentrée.
M. V. Ce qui est vrai, c'est qu'il serait important pour Amstrad d'avoir une console qui, en plus, va dans la tradition et dans la ligne de nos produits. Mais je pense que c'est un complément. Acheter a cinq, six ans une console puis a huit, dix ans un ordinateur est logique. La console est le premier pas.

T. Lorsque j'entends « premier pas », cela me rappelle un peu l'idée d'une console Evolutive & laquelle on peut rajouter un clavier.
M. V. C'est vrai, ça peut être cette idée-la. A quatre ans, un produit a quatre ou cinq mille francs ne se justifie pas. Une console est parfaite, suivie d'un ordinateur encore gai , pas un compatible qui n'interviendra pas avant dix-sept-ans.

T. C'est dans cette tranche d'age, entre la console et le compatible PC, que se pose le problème du 16/32 bits face aux CPC.
M. V. Oubliez le mot CPC, a la limite. Nous en reparlerons dans huit mois. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui sur le papier, il semblerait interessant qu'Amstrad sorte  une sonole , ne serait-ce que pour suivre le marche. Si la console l'emporte par rapport au marche de l'ordinateur familial, il faut être lá bien que je pense que les deux marchés peuvent parfaitement coexister.

T. Quelles sont les conditions que doit remplir une console européen ne pour 1utter contre les géants japonais, tels que Nintendo et Sega?
M. V. C'est le soft qui fera le succès ou l'échec d'une console. Je ne peuxn rien dire mais il est évident que les éditeurs anglais ne rêvent que d'une chose : pouvoir mettre un frein á l'expansion de Nintendo. Vous savez, le pouvoir, quand il est fort, entraine vite une indigestion ! Je suis bien placée pour en parler. En revanche, je comprends que les Japonais surveillent la qualité de leurs produits. Si vous payez 250 francs pour un « nanar », ça casse le marche de la console. Tout le monde a intérêt a ce que la qualité soit bonne.

T. Quel serait, selon vous, le prix idéal& d'une console a  la rentrée 90. Moins de mille francs, moins de cinq cents francs ?
M. V.En-dessous de mille francs il n'y a plus tellement de différence.

T. Les rumeurs qui conraient sur l'abandon possible de la micro-informatique de loisirs par la compagnie Amstrad ne sont donc pas du tout fondées.
M.V. Jamais nous n'avons envisagé d'abandonner la micro familliale. En Angleterre , il y a un produit qui dure depuis 1985, c'est le PCW. Si , dans dix ans, il y a une demande, eh bien , Amstrad le fera. Point a la ligne. On ne sait jamais complètement comment va évoluer un marché L'important c'est d'avoir un pied partout . Si le 6128 ne marche plus , mois je suis prête avec mon PC.

T. Le choix, aujourd'hui, ne se limites pas á ces deux machines . 16/32 bits sont la aussi.
M. V. Et que voulez-vous que je fasse moi; je suis Amstrad, je me bats avec les armes , avec l'arme du prix , du téléchargement. Et je ne crois pas être la plus mal lotie.

T. Lancer une machine basée sur la technologie 16/32 bits, technologie que vous possédez aujourd'hui ne vous semble donc -pas opportun.
M. V. Il me semble opportun de continuer avec mon marché des CPC, avec mes armes et en gagnant de l'argent. Parce que vous savez, faire une machine du feu de dieu, avec laquelle vous perdez de l'argent, ne m'intéresse pas du tout. Il faut une machine grand public qui permette a tout le monde de gagner de l'argent.

T. Mais l'expérience américaine ne  montre-t-elle pas qu'on a abouti á la disparition du marche « milieu de gamme » représente par le Commodore 64 au profit des consoles et des compatibles PC. Ne craignez-vous pas qu'elle se reproduise en Europe ?
M. V. Vous savez le parc installe est tellement puissant...

T. Aux USA, le pare de C64 était aussi énorme !.
M. V. C'est la vie de l'electronique et de l'informatique. Encore faut il savoir combien de temps cela va demander. Ce qui est sur, c'est qu'il existe un marche énorme pour la console. Il y a un marche pour le véritable ordinateur , j'entends par la le PC. Ces deux produits sont les moins dangereux . Où nous nous situons moins bien, c'est sur le CPC. Mais moi, aujourd'hui, j achèterais encore un CPC a mes gosses.

T. Un dernier mot pour conclure sur les mouvements de personnel qui vous ont touche ces derniers mois ?
M. V. Beaucoup sont partis d'un organisation est aujourd'hui complètement opérationnelle. Un nouveau directeur technique vient de rentrer, qui s'appelle Gilles Hemon, Alain Cailleau va occuper la place de directeur administratif. Michel La Poumey-roulie continuera a occuper la place de directeur financier. Genevieve Metzdorf, enfin, est responsable du marketing. Voici les quatre personnes clés de mon organisation. Moi, je suis prête. Prête a avoir une super-saison d'enfer avec de nouvelles personnes, de nouveaux produits, une entreprise dynamique et motivée...

Tilt  78 , page 32-33, Mai 90

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.