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Gary Kildall - l'Homme Qui Aurait Pu Etre Bill GatesPeoples Cpc Staff

L'homme qui aurait pu changer le cours de l'histoire informatique s'appelle Gary Kildall : au début des années 80 , son système CP/M faillit damer le pion au MS/Dos de Microsoft. Mais le génie de Gary Kildall ne s'exerçait qu'en programmation-Bill Gates avait pour lui le génie des affaires. "Tu seras professeur dans l'école fondée par ton grand-père". En une phrase, le père de Gary Kildall avait scellé ainsi le destin de son fils indécis. Comme toute la famille, Gary était donc allé étudier les mathématiques à l'Université de Washington avant de faire ses premiers pas comme enseignant à l'école navale de Monterey en Californie. La vie de Gary bascule devant une publicité. Ou plus exactement devant une page de publicité tirée du magazine Electronic News et affichée ostensiblement dans une boutique d'électronique : "votre microordinateur pour 25 dollars". Gary a déjà touché aux systèmes qui équipent son université, mais au début des années 70, la micro-informatique n'existe pas et l'annonce est particulièrement alléchante. A l'étude, il s'aperçoit pourtant que la publicité (1) est un peu mensongère : elle vante en fait les mérites d'un microprocesseur (et non pas d'un micro-ordinateur) le 4004, conçu par une petite société portant le nom d'Intel (Ingrated Electronics). Gary décide malgré tout d'acheter le processeur.

Premiers programmes

Son premier programme sur 4004 est destiné à son père afin de lui faciliter les calculs nécessaires à la pratique de la navigation. Toutefois les limites du 4004 apparaissent rapidement : le "4" dans "4004" signifie que le processeur travaille en blocs de 4 bits, soit moins d'un caractère. Faire réaliser le moindre calcul au 4004 tient du supplice chinois (2). "J'ai failli devenir fou" raconte Gary en songeant à cette époque. Fasciné malgré tout par le potentiel d'une telle invention, il rend visite à Intel en 1972 pour leur faire part des problèmes qu'il rencontre avec ce processeur. Les quelques personnes de la division microprocesseur sont séduites par la précision des connaissances de Gary. Ils lui proposent justement de devenir consultant pour la sortie du processeur 8008. Gary est aux anges. Il développe sur gros système un programme simulant le 8008 et son jeu d'instructions afin de concevoir plus facilement des programmes. En quelques mois, il crée ainsi le PL/M (Programming Language/Microprocessor). En contrepartie de son expertise, Intel offre à Gary un Intellec-8, un micro-ordinateur fabriqué par la firme à base de 8008. Gary installe la machine dans sa salle de classe et encourage les étudiants à découvrir cette nouvelle science. Avec l'arrivée du nouveau processeur 8080, il constate que le hardware est désormais un frein à l'évolution de ses recherches : au début des années 70 le stockage sur cartes perforées n'est ni très fiable, ni très rapide. Gary entend alors parler d'un nouveau système de stockage sur disque magnétique introduit par IBM. Il contacte alors Shugart (3), le pionnier dans l'industrie des lecteurs de disquette et leur propose des petits développements en échange d'un lecteur 8". Une fois sur son bureau, le lecteur ne s'avère pas d'une très grande aide : il manque à Gary une carte électronique donnant le moyen de contrôler l'échange de données entre l'ordinateur et le lecteur. Malgré des dizaines d'heures passées à manier le fer à souder, Gary comprend que ses connaissances en programmation ne lui sont d'aucune aide en matière d'électronique. Il part voir son ami John Torode de l'Université de Washington et s'adresse à lui en ces termes : « John, je pourrai faire des choses sensationnelles si tu arrives à faire fonctionner ce lecteur de disquettes avec ce micro-ordinateur » John prit la machine et s'enferma quelques mois pour l'étudier de près.

L'Astrology machine

Pendant ce temps, Gary fait ses premières armes comme homme d'affaires. Il s'associe avec un de ses amis designer hardware, Ben Cooper, pour lancer l'Astrology Machine, un micro-ordinateur spécialement programmé pour l'étude d'horoscopes. L'idée fait un véritable bide, mais il en garde une grande expérience en matière de programmation : pour le lancement de l'Astrology Machine, il a dû concevoir un débugger, un assembeur, un éditeur de textes et même un interpréteur "Basic"... Et lorsque John Torode lui annonce qu'il a enfin réussi à faire fonctionner le lecteur de disquette sur l'Intellec, Gary s'empresse de les adapter et de les peaufiner. Gary juge ses programmes assez puissants pour les proposer à Intel. Bob Noyce, le patron d'Intel refuse en bloc ses propositions : d'après lui le microprocesseur n'a pas d'avenir dans le domaine de l'informatique mais plutôt dans "le domaine des montres" ! Parmi tous les programmes refusés par Intel (dont un "jeu d'arcade" pour le 4004), Gary est particulièrement fier de son gestionnaire de disque. Fin 1974, il décide de fonder avec son épouse Dorothy "Intergalactic Digital Research Inc" pour la commercialisation de ce programme rebaptisé CP/M (Control Program/Monitor ou Control Program for Microcomputers ... Le premier client de Digital est GNAT Computer.

A l'époque, un "système d'exploitation" est un produit nouveau et Gary n'a pas de référence pour fixer ses prix. Finalement, pour 90 dollars (soit moins de 1000 francs), GNAT Computer sera en mesure d'installer sur toutes ses machines, actuelles et futures, le CP/M. Quelques mois pL'stard le prix aura été multiplié par cent...

L'ascension

En 1977, Seymour Rubinstein (4), patron d'IMSAI (principal concurrent d'Altair), contacte Gary : il souhaite acquérir une licence du CP/M pour ses machines. Rubinstein est un fin négociateur et se trouve réellement persuadé de faire une fabuleuse affaire en achetant 25 000 dollars la licence du CP/M à Gary qu'il juge excellent technicien mais bien piètre vendeur. La faiblesse apparente de Gary sur ce prix effectivement très bas est pourtant calculée : en cédant au premier constructeur de micro-ordinateur la licence de son CP/M, Gary peut espérer en faire un standard. Sa stratégie s'avère juste : à partir de cette date le chiffre d'affaires d'Intergalactic Digital Research (rebaptisé Digital Research Inc) se développera de manière exponentielle. Pour contrer l'apparition de ses concurrents, Gary améliore encore le CP/M pour le rendre indépendant du hardware de la machine : le BIOS (Basic Input/output System) était né. Ainsi constitué le CP/M peut être vendu en une seule et même version à des ingénieurs, des revendeurs, des hobbyistes disposant tous de machines très différentes. En 1980, l'Apple II est la machine la plus vendue dans le monde... Elle désigne malgré tout la seule machine à ne pas faire tourner le CP/M. Le jeune Bill Gates y  ; voit là un marché intéressant pour sa société Microsoft. Il conçoit alors une carte hardware pour Apple II (la "Soft card") capable de faire tourner le CP/M dont il achète la licence. Le succès s'avère colossal et Microsoft devient rapidement le premier client de DRI. A cette époque plus de 200 000 microordinateurs dans le monde sont équipés du CP/M et DRI emploie près de 80 personnes. A suivre...

Wim Sical

(1) Cette annonce est l'œuvre de Regi's McKenna, un publicitaire qui contribuera par la suite au destin d'Apple en gérant les premières campagnes de communication de la Pomme. Le flou entretenu dans la publicité autour de "micro-ordinateur" et "microprocesseur" est en fait une volonté de Ted Hoff (l'un des ingénieurs d'Intel), qui avait vu là le moyen de rendre le produit beaucoup plus séduisant. Nul doute qu'aujourd'hui une telle arnaque relèverait de la répression des fraudes...

(2)  Le 4004, qui comptait à l'époque 2300 transistors (contre 5,5 millions pour un Pentium Pro), a malgré tout équipé la navette Pionneer 10, lancée le 2 mars 1972.

(3) Quelques années plus tard le fondateur de Shugart, Alan Shugart (à ne pas confondre avec Alan Sugar), créera Seagate Technologies.

(4) Seymour Rubinstein sera par la suite à l'origine de Wordstar, le premier traitement de textes ayant connu un succès commercial. On lui doit également le tableur Quattro Pro.

Wim Sical , PC-TEAM

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.