GAMESAUTEURS DE JEUX ★ Michel Rho , le magicien des couleurs ★

Michel RhoMichel Rho , le magicien des couleurs|Amstrad Cent Pour Cent)Michel Rho

Il y a déjà un bon moment que je fais des pieds et des mains pour pouvoir rencontrer celui qui m'a fait le plus rêver avec ses dessins sur CPC. Et voilà que mon rêve devient réalité car nous sommes attendus chez ce monsieur à 16 h 30 précises, et on n'a nullement l'intention d'être en retard.

Nous voici sur l'autoroute A4 en direction de Saint-Maur. Pierre vérifie pour la trente-deuxième fois qu'il n'a pas oublié le micro de son walkman et que la péloche de son appareil photo est bien enclenchée. Manque de pot. on se trouve dans les bouchons du périph, ce qui me laisse le temps de me remémorer les graphismes d'Oxphar. Crafton et Xunk. L'ange de cristal sans oublier Macadam Bumper et bien d'autres encore.

Nous : Quel âge as-tu ?
Lui : Que je fasse un rapide calcul. Je vais avoir 38 ans au mois d'août.

Nous : Quel a été ton parcours dans le monde de la micro ?
Lui   :  C'est assez complexe. J'étais graphiste indépendant, et j'ai travaillé pour   l'importateur   des   Laser   200 (NDPoum : ce sont les ancêtres des micro). Je travaillais pour la publicité, les illustrations et maquette, tout cela sur papier, bien sûr.

Nous : Et ensuite ?
Lui : Je suis arrivé chez Ere Informatique pour faire des maquettes et j'ai, à ce moment-là, découvert le dessin sur micro avec des machines comme Atmos et Spectrum, pour enfin travailler sur Amstrad. Le premier dessin que j'ai fait sur Amstrad était la page de présentation de Macadam Bumper.

Nous : Ce n'est pas parce que tu savais dessiner sur papier que t'as pu dessiner sur ordinateur ?
Lui : Si. Car c'est plus simple à partir du moment ou tu as dessiné sur papier. Ne serait-ce que pour la construction de ce dessin.

Nous : Par rapport au papier, qu'est-ce qui t'a plu dans le dessin sur ordinateur ?
Lui : L'animation. Changer les couleurs ou avoir la possibilité de déplacer un bloc pour le mettre ailleurs. En deux mots, toutes les facilités mises à la disposition de l'utilisateur par les programmeurs du soft de dessin.
Pierre : Tu as une cigarette, Potun ?
Lui : J'ai travaillé sur Amstrad avec un vieux soft, Salut l'artiste.

Nous : Donc ensuite, tu as connu OCP?
Lui : Non, car très rapidement on a travaillé sur ST. J'ai fait Crafton entièrement avec Salut l'artiste, qui était mon dernier jeu travaillé sur Amstrad, et ensuite on est passé sur Atari.

Nous : Tu dessines, je suppose, sur papier, pour ensuite le retranscrire sur ton moniteur, non ?
Lui : Tout faux, les gars ! Je me mets directement sur l'ordinateur. Tout ce qui est fait mis à part les digit, est réalisé directement sur ordinateur, sinon ce n'est que du temps perdu. En plus, tu peux modifier le dessin par le jeu des couleurs, ce dont tu ne peux pas te rendre compte sur papier.

Nous : Même quand tu as des personnages à créer comme Crafton, il n'y a pas d'étude préalable sur papier ?
Lui : Non, un personnage comme Crafton repose sur des illusions d'optique. Il doit faire une dizaine de pixels de haut et, sur papier, ce n'est pas possible de dessiner un personnage de cette taille avec quelques carrés de couleur ; on lui trouverait une allure d'escalier plutôt qu'autre chose; Un point rouge mis à côté d'un vert sur l'écran ne donne absolument pas le même résultat que sur le papier, car il y a un effet de scintillement.

Nous : On dit que tu dois faire une page de présentation. Comment t'y prends-tu ? Tu travailles d'abord les lignes pour finir par du remplissage, ou tu attaques directement le dessin dans ses détails ?
Lui : Pour une grande page, je fais des lignes pour équilibrer les formes, comme sur le papier.

Nous : On peut peut-être aborder le problème  qui   s'est  posé   autour  de l'équipe de Philippe Ulrich avec Infogrames ? Qu'en penses-tu ?
Lui : Philippe a déjà tout dit. Pas de commentaire spécial.

Nous : Nous recevons plein de dessins réalises par nos lecteurs et on est persuadé qu'il y a un grand nombre d'entre eux qui aimeraient en faire leur profession. Que leur conseilles-tu ?
Lui : De prendre leurs dessins et de faire le tour des éditeurs. Quand j'étais directeur artistique chez Ere, j'en recevais plusieurs par semaine.

Nous : Et que devenaient-ils ?
Lui : En général, ils retournaient dans leurs foyers, car on voyait rarement de bons dessinateurs.

Nous : Quels sont les grands défauts que l'on rencontre dans le travail des jeunes dessinateurs ?
Lui : C'est qu'ils ne savent pas dessiner. Du moins, ils ont appris le dessin sur leur machine, donc ils connaissent la magie de l'écran et ils se laissent hypnotiser par les effets de la machine, mais pour la composition et l'équilibre, c'est pas vraiment ça.

Pour la première fois, on montra la page de notre "Concours écran" du mois de janvier. Voici les commentaires de Michel (dans l'ordre : Femme au gros nénés, Penigma, Géo, Waaouu, Batman et le Pont).
Lui : C'est une responsabilité lourde, il faut que je critique ?

Nous : ...
Lui : Ça veut pas dire grand-chose, mais allez... Ça, c'est maladroit, ça c'est pas mal, ça c'est beau mais est-ce qu'il l'a fait tout seul, ça c'est un peu maladroit aussi, ça c'est pompé quelque part et ça c'est sûrement pompé quelque part.

Nous : Les gros défauts, donc, le manque de composition ?
Lui : Mais tout le monde a des défauts, à commencer par moi-même.

Nous : Alors, tes grands défauts ?
Lui : Ouarf ! ouarf (mort de rire) ! Non, il faut simplement rester original et ne pas copier les autres. Je ne sais plus qui disait : "Le talent, c'est 10 % d'inspiration et 90 % de transpiration." C'est une question de travail Quand tu sais dessiner sur papier, c'est que tu as longuement travaillé. Quand je vois des dessins, je sens qu'ils ne sont pas vraiment travaillés. Je leur trouve souvent un déséquilibre. Alors que ce même déséquilibre peut être  voulu,  mais  ne  doit pas être engendré par une maladresse.

Nous : A propos, tu n'étais pas barbu avant ?
Lui : Si. mais j'ai eu un accident un matin en me rasant et voici le fruit de ce désastre.
Les gars, ce n'est pas que je m'ennuie, mais je dois aller chercher ma fille à l'école.

Nous : OK, il est l'heure d'affronter les embouteillages, tu nous souhaites bonne chance ?

Propos recueillis par Pierre et Poum


Pierre et Poum, ACPC

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.