PEOPLES ★ LES 400 COUPS D'AMSTRAD|MICROVO) ★

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Aussitôt sorti, aussitôt célèbre... La presse l'apprécie, les mordus l'achètent...Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à courir derrière l'Amstrad ?

Sur cette terre ravagée par les faillites et les disparitions naquit un ordinateur porteur d'espoir : Amstrad !

Le monde nouveau découvert par des pionniers valeureux s'endormait doucement. La fougue innovatrice des débuts se diluait dans une douce léthargie. Chaque machine clamait haut et fort sa définition de l'orthodoxie. La banalisation des performances réelles, le nœud de vipères formé par les différents périphériques déroutait l'utilisateur individuel. Dans cet univers dominé par la cacophonie des prétentions, les forces centralisatrices se rangeaient autour de « Big Blue », tandis que le clan des aristocrates adoptait la pomme pour emblème. L'informatique familiale courbait la tête sous le poids conjugué de la puissance et de l'argent.

De mémoire d'ordinophile, il fut le premier appareil à résoudre la triple équation du E.E.E., à savoir Élégance, Ergonomie et Economie. Grâce à ce slogan, rapidement devenu son fer de lance, il ralliait deux cent mille sympathisants en moins d'un an. Quelles motivations expliquent ce subit engouement ?

Élégant, Amstrad sait se mettre en valeur. Sa simplicité et son caractère entier sont encore sa meilleure carte de visite. Ceux qui ne l'ont pas encore côtoyé ne pourront rester indifférents à son boîtier anthracite bien proportionné. Le clavier présente la fermeté d'une poignée de main sympathique. Une discrète touche de couleur rompt à peine le sérieux du pavé numérique séparé et les flèches de commande du curseur. Le look d'un jeune ordinateur aux dents longues. Sa coupe stricte débarrasse de toute protubérance disgracieuse l'aspect aseptisé que possèdent, en commun, les présentateurs vedettes et les hommes politiques. Fini les ficelles disgracieuses et le fatras d'extensions qui étaient la marque des machines domestiques. Au placard les claviers mous à la Dali. Pour un prix familial en diable, Amstrad possède son propre lecteur de programmes. Tous ceux qui se sont emmêlés dans un fouillis de câbles et ont obtenu en réponse un ERROR bien senti, comprendront immédiatement le pourquoi de sa force de persuasion.

A un prix pour lequel toutes les autres machines s'entourent d'une nuée d'accessoires obligatoires, Amstrad réussit l'exploit d'arriver accompagné d'un écran caréné, prêt à l'emploi et complet.

Les porte-monnaie réticents se sentent a l'aise : chacun choisira selon ses moyens, mais pour voir la vie en rose, l'ensemble ne coûte guère plus cher qu'un téléviseur couleur ordinaire. Faut-il en remercier l'origine extrême-orientale, ou une politique commerciale agressive ? Vraisemblablement les deux. Tout n'est certes pas parfait, et le trop court cordon reliant moniteur et clavier en agacera plus d'un.

Ce n'est pas une boutade, après la pomme des années quatre-vingts, c'est une locomotive qui salue chaque nouvel allumage de là machine. Sur écran cinémascope en 80 colonnes, la firme anglaise conceptrice du Basic se rappelle à votre souvenir. A la poubelle le traditionnel Microsoft qui commençait à s'enliser dans des versions insipides, tristement décalquées d'une machine sur l'autre. Pourtant nous sommes en terre de connaissance, Amstrad adopte la syntaxe courante et les programmes de base se transcrivent sans trop de difficultés. Attention aux erreurs de frappe, l'éditeur possède ce côté exotique dont aiment se parer les Britanniques. Corriger les fautes n'a rien de bien compliqué, mais déroutera tous ceux qui ont fait leurs classes sur d'autres machines. Vive la touche de recopie, elle seule permet de combiner plusieurs bribes en une seule ligne de programme !

Il va de soi qu'Amstrad sait dessiner. Astucieusement il se pare des couleurs du paon.

En son temps, l'Apple II avait su jouer cette carte pour échapper à la grisaille environnante, avec seulement cinq couleurs. Signe d'inflation, aujourd'hui il y en a vingt-sept contre seize, voire huit chez les concurrents les plus redoutables. Au-delà des chiffres destinés à impressionner, la réalité est plus modeste : pour une finesse de trait acceptable, il faut se limiter à cinq teintes.

On ne dénoncera jamais assez la schématisation excessive des choix opérés au seul vu des caractéristiques techniques. Pas plus que l'eau et la farine n'assurent un bon gâteau, la présence de composants renommés n'est une garantie d'efficacité à toute épreuve. Certes, Amstrad n'appartient pas à ce monde trompeur, même si les ordres de dessins oublient la réalisation de cercles ou les possibilités de peinture. Il faut de longues heures avant de découvrir les multiples facettes des instructions et l'aide qu'elles apportent.

Amstrad fait mieux que ses rivaux, avec cent cinquante fonctions tapies dans l'ombre des circuits spécialisés.

Inutile de passer des heures à peeker et poker tel un mineur forcené, les entrailles d'Amstrad se manipulent depuis le Basic, qu'il s'agisse de sons, de couleurs ou d'interruptions du processeur. Il est difficile de trouver mieux, même si, au hasard, certaines machines ont d'autres avantages. Ainsi un MSX utilisera les sprites mais les effets d'écran sont délicats à obtenir. Amstrad est une synthèse de ce qui se fait de mieux et, comme tous les compromis, suscite des réticences. Par exemple, la notice n'est pas parfaite, mais au moins va-t-elle à l'essentiel.

Il est bien connu que c'est dans les vieux pots que l'on fait les meilleures soupes. Ce n'est pas la recette choisie ici qui contredira cet adage : un Z80 ancestral chargé jusqu'à la gueule de soixante-cinq mille et des poussières d'octets. Puissance oblige, on a mis le maximum. Puisque la mode est à la haute-fidélité, le son sort en stéréo ; si les oreilles ne reconnaissent pas l'âme d'un piano, tant pis, un Amstrad coûte beaucoup moins cher ! Il serait donc indécent de l'oublier sur une étagère, d'autant que sa bibliothèque de jeux est conséquente. Beaucoup d'action, à des prix bas, grâce à une diffusion sur cassette. Il existe encore peu de programmes sérieux, comme si les éditeurs hésitaient sur le caractère de la machine. Pourtant elle est crédible en diable...

Aujourd'hui la famille Amstrad s'agrandit et deux nouveaux CPC viennent épauler le modèle original.

La recette de fabrication est identique : tout-en-un à petit prix. Sur le CPC 664, l'enregistreur de cassettes cède la place à un lecteur de disquettes. Quant au modèle 128, il ne se contente pas de doubler la capacité mémoire. Quelques améliorations sensibles différencient les ordres Basic.

Fort de son prix, le modèle de base est leader en utilisation domestique. L'utilisateur, soucieux de rapidité, greffera un lecteur de disquettes sur le connecteur formé par l'extrémité de la carte mère. Cette solution de fabrication économique ne saurait résister à de fréquents démontages.

L'adoption de microdisquettes au format 3 pouces est réellement novatrice. Compactes et sûres dans leur emballage rigide, elles sont près de cinq fois plus chères que leur homologue, le disque souple. Leur capacité est doublée par rapport à un ordinateur de type Apple IIe. Le système d'exploitation retenu est le CP/M, un standard qui a fait ses preuves. Ce manque d'originalité ouvre, en théorie tout au moins, l'accès à la bibliothèque des programmes CPM développés sur les ordinateurs à base de Z80. Le marché sera-t-il suffisamment vaste pour que les éditeurs réalisent les adaptations nécessaires ? On note avec intérêt que le Turbo Pascal de Borland International vient d'être édité.

Le lecteur de disques intégré sera retenu par tous ceux qui souhaiteraient utiliser leur Amstrad à des fins professionnelles.

N'importe quel magnétocassette standard reste connectable pour charger les petits programmes de jeu. L'actuel 664 semble être un appareil de transition, qui devrait se voir rapidement supplanter par le 6128, beaucoup plus généreux en capacité mémoire. La compatibilité verticale assure de pouvoir réutiliser un programme sur le modèle plus évolué. L'acheteur vendra-t-il pour autant son CPC 464 afin de disposer d'un lecteur de disquettes ? Les appareils sont trop voisins pour justifier pareil changement. L'actuelle gamme Amstrad se compose en fait d'un modèle de base et d'une version luxe bénéficiant du disque.

L'Amstrad est de fait le condensé de recettes qui étaient auparavant disséminées sur plusieurs machines.

Une présentation mode et un prix attractif font le reste. Aujourd'hui, c'est une des machines les plus séduisantes, face à un Commodore en fin de carrière et un Thomson trop cher et aux couleurs trop fades. En plus des clubs Amstrad, trois revues disponibles en kiosque témoignent de l'ampleur du phénomène. L'histoire, dit-on, ne se répète pas. En son temps, l'Apple II s'imposait grâce à son lecteur de disques et à ses possibilités graphiques. L'Amstrad doit son succès aux mêmes caractéristiques. L'architecture fermée et le choix d'un microprocesseur 8 bits laissent cependant planer un doute sur la persistance de l'engouement. Il s'agit certes d'une quintessence mais qui fleure l'archaïsme, à une époque où l'on parle de systèmes d'exploitation conviviaux. Le Macintosh d'Apple a ouvert la voie, d'autres infiniment moins onéreux devraient suivre, tels le nouvel Atari 520 ou le Commodore Amiga . La surenchère est de mise, elle se chiffre par des capacités de l'ordre du demi-million d'octets et la présence d'une souris. Le système complet coûtera moins de dix mille francs. Amstrad saura-t-il évoluer et proposer un appareil moderne encore moins cher ?

AM-STRAD-GRAMME...

Crise économique ou saturation, le marché s'essouffle. Amstrad doit se tourner vers de nouveaux produits. Il réutilisent les mêmes techniques pour s'imposer. Son réseau de revendeurs traditionnels amène une clientèle populaire qui ne se serait jamais rendue dans les temples créés par les informaticiens.

La formule intégrée rassure : près de 500 000 machines seront vendues en deux ans, dont 80 000 en France. Un succès, là où les autres constructeurs s'enlisent.

Le choix d'un Z80 comme microprocesseur donne accès à une bibliothèque de programmes qui s'est développée sur dix ans Le système d'exploitation CP/M en arrière-fond autorise des adaptations nécessitant peu de modifications. La recette, économique et sûre, est déjà accommodée sur trois machines, à quand la quatrième ?

L'avenir s'annonce sous les meilleurs auspices. Un accord avec le distributeur américain Sears élargit le marché d'Amstrad, il porterait au départ sur 100000 machines. Pour la France 50000 modèles 6 128 sont envisagés d'ici à 86.

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Look plus sobre, capacité renforcée (mémoire vive 128 Ko, systèmes d'exploitation renforcés par CP/M+).
Avec le CPC 128, Amstrad joue la gamme et aguiche les utilisateurs professionnels.

Les logiciels français sont en cours de préparation pour donner au 6 128 toute sa signification professionnelle. L'accord avec Digital Research permet d'espérer GEM et l'introduction d'icônes à la Macintosh. Amstrad prouve que le marché de l'informatique était adulte. Le produit lui correspond.

Alain Lavenir, MicroVO

★ ANNÉE: 1985

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.