DEMOSCENE ★ LES DEMOS HISTORIQUES (1/2) - avant 1992 ★

Les démos sont, depuis des années, l'arme indiscutable des programmeurs en chambre. Pour se faire reconnaÎtre dans le milieu des CPCiens, il suffit bien souvent de faire une démo en béton.

Pour les quelques petits nouveaux dans le monde de la micro-informatique, je précise qu'une démo est un programme qui ne sert à rien, si ce n'est à vous en mettre plein la vue. Plus les techniques employées sont tordues, plus l'impact sur l'utilisateur sera grand. En gros, elles servent à glorifier un individu, ou un groupe, au sein du microcosme.
Nous avons sélectionné, dans ces pages, un échantillon représentatif de ce monde merveilleux. Notez aussi que la plupart de ces démos sont disponibles ici.

L'ALLEMAGNE, UN PRECURSEUR

Tout commença en Allemagne avec MCS et sa « MCS Demo 3 » qui suscita un grand intérêt. Après des sphères qui montaient et descendaient en déformant le fond (un judicieux cyclage de couleurs), nous avions droit à un énorme logo MCS sautant à travers l'écran. Vous voyez que ce n'était déjà pas si mal pour l'époque, mais il fit beaucoup plus fort dans les suivantes. En effet, nous avons eu droit, pour la première fois, à des rasters. Soit, maintenant il n'y a rien d'extraordinaire à cela, mais, à l'époque, imaginez le délire de voir plus de seize couleurs dans un même logo.

MCS nous abreuva encore de bien d'autres bijoux, mais qui, je dois le dire, n'ont rien apporté de nouveau. Simultanément à MCS, un autre Allemand, JLCS, nous montra lui aussi quelques-unes des capacités du CPC, avec une utilisation complètement délirante du Registre 2, qui permet alors à. un logo, judicieusement dessiné, de nous donner l'impression de flotter dans les airs.

LE REVEIL FRANÇAIS

C'est vrai, les premiers sur le coup étaient bien les Allemands, mais en France, si on n'a pas d'idées, on n'hésite pas à prendre le train en marche et à rattraper notre retard en bossant comme des malades.
Les premières démos honorables furent celles de Fred Crazy et du docteur TKC. Ils nous concoctèrent alors divers petits progs plus incroyables les uns que les autres. Leur dernière création, et non des moindres, fut la « Red-TKC Demo ». Cette dernière nous proposait déjà quelques techniques dont nous n'avions pas encore soupçonné la faisabilité sur nos machines. Il s'agissait bien sûr des scrolls hard. En effet, dans cette démo, le Dr TKC nous permit de découvrir un superbe scroll hard horizontal. Certes, il était un peu rapide (2 octets par balayage), mais il avait le mérite d'être l'un des premiers.
Il est d'ailleurs dommage que le Dr TKC abandonna le CPC après un court passage au Mac Donald's du coin, car son travail présageait une nouvelle ère de la démo française.

ET NAQUIT LONGSHOT

Un autre malade des scrolls hard fut Longshot. Ainsi dans « The Longshot Demo », nous avions droit à un superbe scroll hard horizontal, avec une fonte transférée du PC, mais il est vrai que cette démo ne constituait que les prémices, par contre la démo « Revolog » fut, en son temps, une véritable révolution, car elle contenait, tenez-vous bien, un scrolling hard horizontal, un vertical, une fonte PC, des rasters horizontaux (ou encore split-rasters), sans oublier une musique transférée de l'Atari ST.

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Revolog de Longshot

Notons que notre ami Longshot n'est pas uniquement à l'origine du transfert des musiques ST sur CPC. Ainsi, bien avant les deux démos suscitées et bien avant Titus, il avait utilisé un écran reformaté en overscan dans l'une de ses démos. Il est d'ailleurs amusant de constater que l'overscan, qui est si simple à réaliser sur un pauvre CPC, est une véritable plaie à programmer sur Atari ST, qui est pourtant un ordinateur 16 bits. Enfin, terminons ici ce petit aparté.


Hey ! You're a Pig par Naminu

LES MALIBUS PROHIBENT

Parallèlement au travail de Longshot (on ne peut pas encore parler de Logon System, car il n'y avait à l'époque qu'un seul membre comme tout le monde quoi ! ), apparurent les démos des Malibus Crackers. Bien que ne semblant pas se démarquer des autres petits démomakers, ce groupe nous fit comprendre avec la « Malibu Malibu Demo 4 » qu'il était une valeur sûre (d'ailleurs Naminu, le principal codeur du groupe, rejoindra les rangs de Logon System quelque temps après). Ainsi, on pouvait découvrir un écran overscan avec un scrolling se déplaçant à travers l'écran, accompagné d'un autre scrolling différentiel et enrichi du multimode, j'en passe et des meilleures.

LA MAIN A LA FEFESSE

Egalement à la même époque, un autre programmeur fit parler de lui son nom: Féfesse. Sa première démo vraiment intéressante était une démo avec un scroll en vague. On constate d'ailleurs que le niveau de programmation de Féfesse à l'époque était encore un peu faible, puisque cette démo souffrait de ralentissements lorsqu'on mettait la musique (cela étant, nous sommes restés de bons amis). J'avoue que la plupart des personnes étaient tombées sur le cul en voyant son oeuvre, et ce n'est pas notre cher Robby qui me démentira. En effet, LE « pokeman» de cette décennie ne se lassait pas d'écouter la démo musicale de Féfesse et, par la même occasion, d'en faire profiter toute la rédaction d'Amstrad Cent Pour Cent. Il s'ensuivit une longue série de démos, puis survint la « Yao Demo ». Des sphères gérant un effet de profondeur, scroll hard horizontal, scroll hard vertical, et même un damier. Voilà en gros ce qui concerne le côté technique de la démo. Jusqu'à présent je ne vous ai pas parlé des textes, mais pour la « Yao » je le ferai rapidement. En effet, cette démo déclencha ce qui sera une guerre de démomakers entre Féfesse et Longshot, (presque aussi violente que celle qui opposera plus tard les démomakers français et leurs camarades allemands). Vous vous doutez bien qu'il s'agit de guéguère de gamins, mais à ce stade un petit pois ressemble étrangement à un ballon de foot.


YAO DEMO , Love an peace , par FEFESSE

EN VRAC

Il ne faut pas oublier un autre groupe pionnier de la démo sur CPC : le GPA Bien que ses démos ne développaient pas forcément de nouvelles techniques, il nous proposait tout de même un Mad Sinus Scroller qui tournait sur un CPC muni de 64 Ko, alors que celui de P007 ne tournait qu'avec 128 Ko.
Il ne faut pas non plus omettre les Krad'os Crackers qui nous proposèrent, avec leur « Trash Demo », une oeuvre graphiquement superbe. M. Zebigboss (le graphiste du groupe) avait réalisé de géniales madballs. La partie programmation était, elle aussi, très bonne, car Mister Plus avait réalisé la démo en overscan, avec un scroll en mode 0, et un writer (bla-bla) en mode 2 utilisant plein de rasters à l'intérieur.

LE DANEMARK REJOINT LA COMMUNAUTE

A cette époque, les deux principaux pays dans la course à la démo étaient la France et l'Allemagne. Mais le Danemark entra dans la course et fut un adversaire avec lequel il fallait compter. Ainsi, par l'intermédiaire de NWC (New Way Cracking), il fit parler de lui. En effet, ce fou nous présenta, avant l'heure, ce qui était à mon avis LA démo sur CPC. Celle-ci nous proposait un véritable remix des meilleures musiques CPC.
En plus, il avait submergé l'écran de tonnes de rasters, tous plus beaux les uns que les autres.
Pour finir, il nous éclatait les yeux avec un scrolling hard horizontal avant tout le monde (à ce que je me rappelle, car je ne peux pas réellement vous dire sa véritable date de création, celles annoncées paraissant légèrement truquées).

DOUCE FRANCE

Revenons un peu à la France. J'évoquais plus haut le moment où Naminu rejoignait le Logon System au détriment des Malibus. Cette association vit le jour, après ce qui fut en son temps une véritable révolution: « The Amazing Demo ». Cette démo, qui remplissait une face entière de disquette, nous présentait des choses d'un type totalement nouveau. En effet, nous nous trouvions face à des démos totalement hard, avec des dizaines de scrolls dans tous les sens, mais aussi (et là ce fut extraordinaire) une musique transférée du ST (bon, je sais, il l'avait déjà fait auparavant, mais attendez la suite nom d'une pipe) qui utilisait de véritables samples. C'est-à-dire qu'en plus des sons gérés par le processeur sonore du CPC, on pouvait entendre parfaitement le bruit des noix de coco s'entrechoquant (pas de sous-entendus). A l'heure actuelle, il est de plus en plus courant d'entendre ce type de réalisations, car certains codeurs allemands nous ont habitués à agrémenter leurs démos de musique utilisant des samples pour simuler une batterie.

DERNIERE NOUVEAUTE

J'ai dernièrement entendu une musique Amiga sur CPC. Oui, vous avez bien lu, Amiga. Vous devez donc penser que c'est l'oeuvre des Logons ou bien des Allemands. Eh bien, détrompez-vous, il s'agit en fait de CJC du CCC qui a réussi cet exploit. Ainsi ce rédacteur de fanzine a réussi ce que les plus grands groupes étaient sur le point de finir (dixit ces mêmes groupes) et qui se sont fait grillés à l'arrivée, dommage pour eux.

UNE SUITE TERRIFIANTE

Pour continuer en douceur, naquit: « The Demo ». Elle n'a plus besoin d'être décrite dans ces pages, car elle était à l'époque plébiscitée par tous les journalistes de votre magazine (c'est vrai que les rédacteurs touchaient au passage un petit quelque chose).
Vient ensuite la « Terrific Demo », réalisée par un groupe d'irréductibles Allemands, Thriller, BSC, MCS, Weee... Du beau monde quoi.


Terrefic Demo, le menu

Cette méga démo nous proposa tout de même quelques idées intéressantes. Par exemple, le menu était non pas formé d'un texte indiquant le nom des démos, mais d'un mini labyrinthe dans lequel il fallait se déplacer pour trouver les portes vers les différentes démos. De plus, dans le genre bonnes idées, Weee nous concocta une partie vraiment sympathique (à mon avis la meilleure de cette démo) qui, bien que jouant une musique originale utilisant des samples de batterie, nous montrait un scrolling horizontal géant dans lequel se trouvaient des dizaines de rasters. Comme je vous l'ai dit plus haut, un MCS en petite forme participa également à cette démo.


Terrefic demo - La partie de Merlin

LA CHOUCHOU DE POUM

Une autre méga démo qui fit parler d'elle était la « Paradise Demo » du groupe Paradox. En effet, cette démo nous montra un nouvel aspect du démomaking. Ainsi elle prouva que, sans être des bêtes de programmation, on pouvait réaliser quelque chose de très intéressant.


Paradise Demo

Celle-ci comprenait, entre autres, un menu, réalisé par Gozeur, qui ressemblait plus à une simulation de course à pied qu'à un simple menu. Il fallait choisir sa démo à l'aide d'un chevalier qui se baladait dans un décor assez sympathique, scrollant au fur et mesure de son déplacement. De plus, les parties étaient en général d'un bon niveau. Ainsi, j'aime tout particulièrement celle appelée « Pix Time », qui nous montrait un carré formé de dots (pixels indépendants) bougeant en 3 dimensions. Une autre partie très sympathique était celle intitulée « Artificial Paradise » de Syntax Error du GPA Cette partie nous présentait un scroll en vague, ainsi qu'un tout aussi élégant scroll en cercle. Notons que certaines parties étaient inspirées d'autres démos (le scroll vertical géant qui ressemble à celui de Fed Crazy dans « The Demo »), mais qui peut prétendre tout découvrir?


The Demo des Logon System

L'ALLEMAGNE RIPOSTE

Une autre démo vraiment délire est la « KKB First », une démo allemande composé de deux parties. La première, qui n'est en fait qu'une intro, nous propose tout de même un écran en overscan, rempli de rasters hyper synchronisés, accompagné d'une sympathique musique. Mais en fait, la vraie prouesse technique reste à venir dans la seconde partie. Celle-ci nous propose un nombre impressionnant de scroIlings, de rasters et de musique. Tout cela tenant en 64 Ko. De plus l'esthétique de cette démo a rarement été atteinte et particulièrement chez nos amis allemands, tout comme le côté technique, d'ailleurs.

EYRE EN EXTASE

Un autre allumé nous fit connaître les sommets de l'extase démoniak  (vous savez, les sensations jamais ressenties auparavant), j'ai nommé mon ami Overflow. En effet, le créateur de l'une des techniques les plus révolutionnaires sur CPC nous proposa de superbes démos. Ainsi avec la « S&KOH », il nous démontre que le CPC peut bouger deux énormes bobs (sphères), prenant à elles seules toute la largeur de l'écran. Puis, comme si cela ne suffisait pas, il nous assène une partie principale dévastatrice: scroIl hard démentiel, logos Logon bougeant sur un décor fixe, et surtout, un superbe rouleau qui fait de magnifiques effets visuels.

LA CREME DES CREMES

Je crois, mais ceci n'engage que moi, qu'à l'heure actuelle la démo la plus impressionnante est la « Face Hugger Ultimate Demo ».

Pourquoi donc? Vous devez penser qu'il s'agit de la démo affichant le plus de scrolls à la fois ou que c'est la démo qui nous frappe le plus les tympans avec de superbes musiques samplées. Eh bien non, rien de cela, mais simplement ce que l'on n'aurait jamais imaginé voir sur CPC, c'est-à-dire de la véritable 3D. Non pas de la 3D avec de simples dots (ou sphères en français, mais qui, au cas où ce vocable serait étranger à vos chétives intelligences, est synonyme de « bobs »), mais réellement des objets complexes en bobs ou encore des cubes, des vaisseaux tout droit sortis de la Guerre des étoiles, et le tout en 3D face pleine, s'il vous plaît.

Megadeth, ACPC n°??, p46,47,48,49

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.