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CATEGORYTITLES (16)YEAR
APPLICATIONSDbase II et Multiplan (Cahier de l'Amstrad)
GAMELIST CM1 - Conjunto De 5 Jogos 1988
DEMOSCENEMicrosoft 519xx
DEMOSCENEMicrosoft19xx
APPLICATIONSMultiplan198x
LITTÉRATUREMicrosoft Multiplan für den Schneider CPC 464198x
APPLICATIONSMicrosoft Basic Compiler198x
APPLICATIONSMicrosoft Basic198x
APPLICATIONSMicrosoft Sort198x
APPLICATIONSMicrosoft Macro Assembler198x
APPLICATIONSMicrosoft Basic - 801985, 1986
APPLICATIONSMicrosoft Basic - 851985, 1986
APPLICATIONSMicrosoft Cobol1981
APPLICATIONSMicrosoft - Fortran - 801982
LITTÉRATURESybex - Multiplan1986
LITTÉRATURESybex - Multiplan - CPC 6128 - Pcw 8256 - 8512 - Pcw 9512

MICROSOFT 1988 (Reportage SVM)

Voyage dans le temple du logiciel micro-informatique

Voici le point sur ce qui se passe au sein de Microsoft, l'éditeur de logiciel qui a le plus de poids sur l'avenir de la micro-informatique mondiale. nous avons réalisé récemment une série d'entretiens avec certains des principaux responsables de Microsoft, au siège de la société, à Redmond (Etat de Washington). De la bouche même de Jon Shirley, le président, Marc Mackaman, le responsable du développement de l'OS/2, Pascal Martin, le responsable du développement de MS-DOS, Greg Lobdell, le responsable des langages, Charles Stevens, le responsable des applications, et Carl Stork, le directeur du marketing de la division CD-ROM, voici ce qui se prépare et ce qui se pense au sein de la firme fondée par Bill Gates.

Bill Gates rêvait d'un endroit vraiment agréable.
Ici, chacun des 12 00 employés dispose de son propre bureau, qu'il aménage à sa guise. Il y travaille à l'heure qu'il souhaite.

SORTEZ DU PARKING ET REPRENEZ la 140e Avenue vers le sud. « Visiblement, ce n'est pas la première fois que l'agent de police, interrogé devant le commissariat de Redmond, remet un visiteur sur le chemin de Microsoft. La jeune femme noire désigne la carte affichée au mur, où une main charitable a ajouté un point noir avec la mention Microsoft. Il reste à trouver l'entrée du parc, où sont implantées quelques entreprises de haut niveau. Voici enfin le « Campus » de Microsoft. Comme toute la campagne aux alentours, l'endroit lui-même est enchanteur. Six bâtiments en étoile sont disposés dans un parc aux arbres centenaires, dont les dernières feuilles rouges justifient le nom de la ville Redmond. Entre chaque immeuble, un petit lac augmente la sensation de se trouver en pleine campagne.

Pour entrer dans ce temple de la microinformatique, il faut montrer patte blanche. La circulation entre les différents bâtiments est contrôlée par carte magnétique. Autant l'ambiance est décontractée dans les autres immeubles, autant elle semble plus retenue, plus feutrée dans celui de la direction. L'épaisseur des moquettes, peut-être...

Jon Shirley est président de Microsoft, c'est-à-dire qu'il dirige l'entreprise au jour le jour, par opposition à Bill Gates, le co-fondateur, qui est président du conseil d'administration et directeur exécutif, et prend des décisions à plus long terme. Comment Microsoft s'est-il installé à Redmond ?

« Microsoft est venu, en 1979, d'Albuquer-que dans le Nouveau Mexique à Bellevue, tout près d'ici, nous avons d'abord loué un bâtiment, puis deux, puis quatre. Mais rien n'était à nous. Et Bill Gates rêvait d'avoir un endroit vraiment agréable pour les programmeurs, très joli, mais aussi très fonctionnel. 11 a fallu quelques années pour que ce rêve devienne réalité. Ce qui est bien, c'est que les bâtiments ne sont pas très grands, et qu'il est possible de passer de l'un à l'autre à pied. Chaque employé a son bureau, et chacun est libre de le décorer à sa guise. Mous avons instauré des horaires flexibles, chacun peut venir travailler à l'heure qu'il souhaite. Ceux qui veulent venir la nuit le peuvent. Bien sûr, s'il y a une réunion, il faut être là. »


Combien de personnes travaillent à Redmond ?

« Il y a 1200 personnes ici sur le "Campus". Au total, Microsoft emploie 2100 personnes, dont 400 à l'étranger. Alors qu'il n'y a pratiquement aucun Américain dans nos filiales, beaucoup d'étrangers travaillent ici. Si on veut faire des affaires au niveau international, il faut adapter les produits, traduire les manuels, les boîtes, les programmes eux-mêmes et tout ce qui diffère d'un pays à l'autre. Nous avons décidé, il y a quelques années, de faire tout cela ici, à Redmond. Ce qui fait que, nous avons des gens qui parlent probablement 50 langues différentes, toutes les langues européennes et les langues asiatiques. Certains retournent ensuite chez Microsoft, dans leur pays d'origine. »

Bill Gates : avec Paul Allen, il créa le premier Basic pour micro et fonda Microsoft en 1976. >>


Quelle est la situation financière actuelle de Microsoft ?

« Notre année fiscale se termine en juin. Le dernier exercice, à cheval sur 1986 et 1987, a dégagé un chiffres d'affaires de 346 millions de dollars. Au cours des trois mois suivants, de juin à septembre 1987, nous avons fait 102 millions de dollars, ce qui représente une augmentation d'environ 25 % sur l'année précédente. Mous sommes désormais la plus grosse société de logiciels en micro-informatique. Mais si l'on prend en compte la grosse informatique, Computer Associates nous devance depuis qu'il a racheté Uccel. »

Quelles sont vos relations avec IBM ?

« La mise au point du système d'exploitation OS/2 est un énorme projet et un co-dévelop-pement avec IBM. C'est exactement comme si nous étions mariés, mais c'est mieux qu'un mariage. En cas de désaccord, nous n'avons pas à chercher la solution entre nous, nous devons nous poser la question de l'intérêt des utilisateurs : c'est la base des discussions. Mous avons une centaine de personnes qui travaillent sur OS/2, et IBM a deux équipes , une en Floride et l'autre en Angleterre. Mous avons une ligne directe de téléphone pour régler les problèmes.»

<< Jon Shirley : « Vous sommes la plus grosse société de logiciels micro-informatiques. »

NOTRE COMMENTAIRE : Les conditions de travail chez Microsoft sont exceptionnelles, mais les horaires de travail aussi. Le fait que chacun dispose de son propre bureau incite à considérer celui-ci comme une sorte de résidence secondaire. Ainsi dans le bâtiment des programmeurs-système, de nombreux bureaux sont encombrés de synthétiseurs et d'énormes enceintes acoustiques.

Marc Mackaman est responsable du développement de l'OS/2. Où en est la mise au point de l'OS/2 ?

« La version 1.0 du système d'exploitation est disponible depuis le dernier Comdex, en novembre 1987. Elle est commercialisée depuis décembre 1987 par IBM, et elle va progressivement apparaître chez les autres constructeurs. Pour l'instant, l'OS/2 est un système multitâche dont les commandes sont uniquement en mode texte. La gestion de fichiers est exactement la même que celle de MS-DOS, et donc limitée à 32 Mo. La version complète, OS/2 version 1.1, avec le Windows Présentation Manager et la nouvelle gestion de fichiers sera normalement disponible en octobre 1988. OS/2 permet de faire fonctionner un programme prévu pour MS-DOS dans la partie basse de la mémoire, c'est ce que nous appelons la boîte de compatibilité. Encore plus loin dans le futur, nous prévoyons une version OS/2 386, qui permettra de faire fonctionner plusieurs applications DOS simultanément. Cette version nécessitera obligatoirement un processeur Intel 80386 pour fonctionner. Nous ne donnons pas de date précise pour cette version, ce sera probablement dans le courant de l'année 1989. Ce qui reste à faire pour tenir nos délais pour la version 1.1, c'est l'intégration de Windows Présentation Manager et la levée de la limitation des tailles de fichiers. Cette dernière tâche est assez simple. La grosse affaire, c'est l'interface graphique. Il faut faire en sorte que chaque tâche puisse se dérouler dans une fenêtre à l'écran. Ça paraît simple a priori, puisque l'utilisateur retrouvera les mêmes fonctionnalités qu'avec Windows 2 sous MS-DOS. Mais le problème est bien plus complexe, le système d'exploitation étant multitâche. »

Quelle est la configuration minimum pour faire fonctionner OS/2 ?

« Pour des raisons techniques, il faut impérativement une machine construite autour d'un processeur Intel 80286 ou 80386. L'architecture de la machine peut être, soit celle du PS/2 d'IBM, construit autour du bus MCA, soit une architecture plus classique, comme celle de l'IBM PC-AT. Il faut 1,5 Mo de mémoire au minimum, mais nous recommandons 2 Mo. Un écran graphique est pratiquement obligatoire. Un disque dur est fortement recommandé, quand on fonctionne en machine autonome, mais l'OS/2 peut très bien fonctionner en réseau, avec des postes de travail à un seul lecteur de disquettes, voire sans aucun lecteur. D'ailleurs, un produit de réseau local, complètement nouveau, est prévu, qui permettra le partage de données entre des machines fonctionnant sous MS-DOS, Xenix ou OS/2. »

Marc Nackaman : « La version complète de l'OS/2 sera normalement disponible fin 1988. » >>

NOTRE COMMENTAIRE : Même si l'annonce de la disponibilité de la première version 1.0 de VOS/2, en novembre dernier, est incontestablement un point encourageant, il reste beaucoup à faire. La récente annonce par IBM d'une version DB/DC d'OS/2, qui ajoutera à OS/2 des fonctions de base de données et de communication, propres à IBM, avant même que Microsoft n'y intègre son interface graphique Windows Présentation Manager, peut être interprétée comme une marque d'impatience. Officiellement, l'OS/2 est un développement commun à Microsoft et IBM. En fait, les objectifs poursuivis par les deux sociétés sont très différents. Pour IBM, il s'agit de faire de l'OS/2 un système d'exploitation qui tire le meilleur parti de sa nouvelle gamme PS/2, tout en s'as-surant de la compatibilité entre OS/2 et l'AUA (l'Architecture unifiée d'applications, norme en cours d'élaboration chez IBM pour ses principales machines, gros ordinateurs compris). Microsoft, au contraire, doit préserver les intérêts de tous ses clients, constructeurs de compatibles, y compris ceux qui vont conserver l'architecture des machines actuelles, de type IBM PC. Il est très difficile de distinguer, dans OS/2, ce qui vient de Microsoft et ce qui vient d'IBM. Le nombre de personnes travaillant sur OS/2 chez IBM semble relever du secret d'Etat. Chez Microsoft, 35 personnes s'y consacrent à plein temps, mais une centaine y ont participé d'une manière ou d'une autre.

Pascal Martin, un Français, est responsable du développement de MS-DOS. L'apparition d'OS/2 ne condamne-t-elle pas à mort le système d'exploitation actuel MS-DOS ?

« Comme vous le savez, la version actuelle de MS-DOS porte le numéro 3.3. Je peux vous révéler que nous travaillons activement à la version 3.4, et même à la 3.5. Le système d'exploitation MS-DOS va donc évoluer encore, dans plusieurs directions. Tout d'abord, nous allons lever la barrière de 32 Mo qui limite la taille d'un volume de disque dur. Depuis la version 3.3, il est possible de partager un disque de plus de 32 Mo en plusieurs disques logiques. Dans la version distribuée par Compaq, le même volume logique peut avoir plus de 32 Mo. De très nombreux constructeurs avaient d'ailleurs des solutions de ce type, de même que des fournisseurs de disques durs. Compaq a développé sa propre solution avec notre collaboration, il est donc logique de penser que cette amélioration va apparaître officiellement dans une prochaine version du système d'exploitation. Dans le même ordre d'idées, le logiciel L1M - gérant des cartes d'extension mémoire à la norme Lotus-Intel-Microsoft - pourrait être intégré dans le système. Pour ce qui concerne le système MS-DOS lui-même, nous avons à répondre à trois groupes d'utilisateurs : les bi-douilleurs, les programmeurs d'applications et les constructeurs. Les premiers sont très demandeurs d'outils permettant de travailler encore plus près du système ou de la machine. Mais franchement, changer le nom d'un catalogue ou la date de création d'un fichier n'a pas grand sens pour l'utilisateur moyen. De plus, il existe d'innombrables utilitaires dans le commerce qui permettent ce genre d'opérations. La seconde population est celle des programmeurs d'applications. Pour eux, le système d'exploitation est un moyen d'enchaîner des programmes. Le langage actuellement disponible (fichier. BAT) est assez rudimentale. Il pourrait évoluer vers un véritable langage structuré. Les constructeurs d'ordinateurs poussent aussi à des modifications. Pour les machines portatives, ils demandent une version récente du système qui puisse se mettre en mémoire morte. Ils veulent aussi faciliter l'accès de la machine aux débutants. C'est la raison pour laquelle nous avons développé DOS-Manager, qui permet un accès plus facile aux commandes élémentaires du système. Ce logiciel est actuellement vendu aux constructeurs qui le livrent avec leurs compatibles IBM PC à bas prix. Avec le DOS-Manager, dont nous sommes en train de mettre au point la version 2, nous ouvrons MS-DOS au marché de l'ordinateur familial. C'est ce type de marché qui offre la meilleure garantie à long terme pour la survie de MS-DOS. On peut tout à fait imaginer qu'une même personne se serve d'OS/2 en multitâche au bureau, et travaille sur les mêmes données, chez lui, à l'aide d'un ordinateur personnel tournant sous MS-DOS. A mon avis, ce type de situation assure à MS-DOS de vivre encore quelques années, environ 4 à 5 ans. »

<< Pascal Martin : « l'ordinateur familial offre à MS-DOS la meilleure Garantie de survie. »

NOTRE COMMENTAIRE : Au fil de sa réponse, Pascal Martin révèle bien des choses sur l'évolution future du système d'exploitation MS-DOS. Le plus impressionnant dans son analyse, reste sa sérénité. Contre toute attente, il ne semble pas y avoir de concurrence entre MS-DOS et l'OS/2. Il est vrai que les améliorations envisagées sur MS-DOS vont encore donner du travail à un certain nombre de programmeurs chez Microsoft. De plus, grâce au marché de l'informatique domestique et éducative, MS-DOS restera encore très longtemps le système le plus utilisé. Enfin, les logiciels sous MS-DOS fonctionnent aussi sous OS/2.

Greg Lobdell est responsable des langages. Microsoft a lancé le premier Basic sur micro-ordinateur. Votre suprématie sur les langages n'a-t-elle pas été ébranlée par l'arrivée de Borland ?

« Incontestablement, l'arrivée de Borland dans le petit monde des langages a créé un choc salutaire. Microsoft était spécialisé dans des compilateurs professionnels, comme le C, le Pascal, le Fortran, le Cobol et l'assembleur, coûtant plusieurs centaines de dollars. Turbo Pascal de Borland a ouvert la voie des langages à 100 dollars. Nous devions réagir, nous l'avons fait avec Quick Basic, puis Quick C. Cela crée une saine concurrence. Quick Basic version 4.0 n'est pas, contrairement à ce que son nom pourrait faire croire, la suite de Quick Basic 2.0 et 3.0. C'est un produit complètement nouveau. Pour l'utilisateur d'un Basic traditionnel, il introduit des notions très nouvelles, comme la déclaration de types de variables et de structures d'enregistrements. Ce sont des notions qui sont familières aux programmeurs en Pascal. Cette tendance est d'ailleurs caractéristique : par delà les querelles de chapelles, les langages tendent à converger. Il sera'bientôt indifférent de programmer en Pascal, en C ou en Basic. On pourra d'ailleurs mélanger des sous-programmes écrits dans différents langages. De plus, nous nous dirigeons vers la notion de plateforme de développement. Toute une panoplie d'outils, éditeurs, débogueurs seront communs, quel que soit le langage utilisé. Sur cette plate-forme, viendront se superposer un ou plusieurs langages. Ce qui est intéressant dans cette notion de plate-forme, c'est que d'autres éditeurs pourront y ajouter leurs propres langages, leurs propres logiciels. Pour notre part, nous pensons développer un système de base de données concernant le processus de programmation lui-même. Ainsi, on garderait automatiquement une trace de l'histoire du développement, la date des versions, la liste des bogues.

Bien entendu, cette normalisation aura des conséquences dans le domaine de la compilation. Prenons par exemple le cas du langage C et du Fortran : il y a un premier traducteur qui est différent pour chacun des deux langages. Il génère un code intermédiaire, qui lui-même est traduit en assembleur. Ainsi, une boucle en Fortran et en C générera exactement le même code, et la vitesse d'exécution est exactement la même. L'autre avantage de ce système, c'est de permettre de se concentrer sur la seconde partie du processus, la génération du langage machine à partir du code intermédiaire. On peut en particulier écrire un optimiseur qui, à partir d'une analyse du programme, améliore le code généré. On peut, par exemple, sortir d'une boucle une affectation de constante, créer des variables intermédiaires pour ne pas faire deux fois des calculs, ou au contraire, retirer des variables inutiles. En d'autres termes, l'optimiseur corrige les petites erreurs des programmeurs. On peut aussi envisager des optimisations plus globales, telles que l'inclusion directe dans le code du programme principal d'un sous-pro-gramme, en vue d'économiser le temps de l'appel multiple. La traduction du langage évolué au langage machine va donc devenir intelligente. »

NOTRE COMMENTAIRE : Greg Lobdell met un peu d'ordre dans l'univers des langages Microsoft. D'un côté, les logiciels bon marché, de l'autre, les outils de programmation professionnels. En introduisant la notion de plateforme de développement, il dessine les grandes lignes de la politique de Microsoft pour les prochaines années. A terme, un programmeur professionnel pourra se construire son propre atelier logiciel. Quel que soit le langage choisi, il bénéficiera des mêmes facilités, et surtout, le programme généré sera de même qualité. La notion d'optimisation corrigeant certaines erreurs de logique dans la programmation, est une nouveauté sur les compilateurs pour micro-ordinateurs, mais est évidente sur les compilateurs des gros ordinateurs.


Greg Lobdell : « Il sera bientôt indifférent de programmer en Pascal, en C, ou en Basic. »


Charles Stevens est responsable des applications. Pourquoi étes-vous absent de certains créneaux, comme les logiciels pour Atari ST, l'édition électronique ou les bases de données ?

« C'est délibéré, on ne peut pas tout faire, nous devons d'abord nous concentrer sur certains systèmes d'exploitation, celui du Macintosh, MS-DOS et OS/2. Pas question par exemple de nous lancer dans des développements pour l'Atari ST. Si nous avons sorti Write sur cette machine, c'est uniquement parce que ce traitement de texte simplifié, qui existe aux Etats-Unis sur Macintosh, pouvait être adapté sans grande difficulté. C'est donc un produit de pure opportunité, et ça ne ne nous engage pas pour une suite éventuelle. Pour l'édition électronique, nous pensons que le marché est limité. Au lieu de nous focaliser uniquement sur la présentation du texte, nous pensons plutôt élargir la notion de texte à l'inclusion de graphiques, d'images et pourquoi pas en effet de sons et d'images animées. Pour les bases de données, nous n'avons rien car Rbase n'est pas distribué par nous aux Etats-Unis ? nous penchons plutôt vers une alliance.»est uniquement parce que ce traitement de texte simplifi

Vous avez récemment annoncé le passage d'Excel du Macintosh aux compatibles IBM PC. Aussitôt, Lotus a répliqué en annonçant une nouvelle version de Jazz sur le Macintosh, ainsi que l'adaptation de Lotus 1-2-3. Est-ce la guerre ?

« Actuellement, Excel sur IBM PC est plus puissant que 1-2-3 de Lotus, et une nouvelle version sera disponible en février sur le Macintosh, sur lequel il est déjà le numéro un. Ce qui fait notre force, c'est qu'après Multiplan, nous avons tout redémarré depuis le début. En revanche, les différentes versions de 1-2-3 représentent pour l'essentiel le même produit. Il est faux de dire que cela pourrait être un bon produit sur le Macintosh, car il a été conçu il y a dix ans pour l'IBM PC. Il était très bon à cette époque, c'était même le meilleur dans l'environnement MS-DOS. L'erreur est de croire que la même technologie va resservir sous Windows, sous OS/2... Lotus devra repartir à zéro, comme nous l'avons fait quand nous avons vu que Multiplan n'était pas assez bon pour le Mac : nous sommes allés beaucoup plus loin avec Excel. Beaucoup de gens font cette erreur avec le Mac, en essayant de prendre un produit existant, en ne regardant pas ce qui est différent sur cette machine, ni ce qui peut être fait plus vite, ou mieux. Lotus a déjà fait cette erreur avec Jazz, et ils sont en train de récidiver avec Modem Jazz. Il n'y a pas de domaine où 1-2-3 sur Mac pourrait l'emporter sur Excel. Lotus ne peut donc pas se permettre de transférer simplement 1-2-3 sur le Mac, et la réécriture est le seul moyen de faire mieux qu'Excel. Comme c'est une grande entreprise, peut-être pour-ront-ils faire quelque-chose qui ira plus loin qu'Excel sur certains points...

Tout cela me rappelle Wordstar de Micro-pro, qui a fait la même erreur, en posant sans cesse des rustines. Micropro avait 80 % du marché du traitement de texte. Il a tout perdu. Il doit lui rester moins de 5 %. Lotus détient 80 % du marché du tableur, ils peuvent eux aussi tout perdre. Ça peut prendre un long moment, trois ou quatre ans. A moins qu'ils ne comprennent que le monde change, que nous sommes dans un environnement graphique, que beaucoup plus de technologies sont disponibles, le CD-ROM, les réseaux locaux, le multitâche... Les gens s'accrochent trop longtemps au passé. Voyez dBase sur le Macintosh, c'est un projet ridicule : ils ont annoncé le produit alors que personne ne travaillait encore dessus, nous avons fait cette erreur dans le passé, en annonçant des produits trop tôt. Quand vous les avez enfin, le monde a changé complètement, et vous devez tout repenser : nous avons beaucoup retravaillé sur Windows. »

NOTRE COMMENTAIRE : La concurrence s'annonce féroce entre Lotus et Microsoft, et cela, aussi bien sur le Macintosh que sur les compatibles IBM PC. Le ton employé ne laisse aucun doute : c'est bien la guerre.

<< Carl Stork : « Le Macintosh pourrait devenir le cœur d'un système multimédia domestique. »

Carl Stork est le directeur du marketing de la division CD-ROM. Microsoft joue un rôle d'avant-garde pour le CD-ROM. Où en sont vos travaux ?

« nous avons un produit sur CD-ROM, le Bookshelf. C'est un outil d'aide à l'écriture, qui permet d'avoir un accès immédiat à dix ouvrages de référence, notamment un dictionnaire, un manuel de style, une liste de codes postaux. Le logiciel est co-résident dans la mémoire d'un compatible IBM PC, ce qui permet de l'appeler pendant que l'on est en train de travailler sur un texte, avec le traitement de texte Word, par exemple. Le Bookshelf représente en tout 155 Mo d'informations disponibles immédiatement, et cela, seul le CD-ROM peut le faire. Par exemple, j'écris un texte dans lequel j'ai besoin de connaître le nombre de calories contenues dans une pomme : je sélectionne le mot "pomme" et le mot "calories", je demande la recherche, etj'ai le chiffre en quelques secondes. Je peux ensuite le copier et le coller dans mon texte. Bookshelf est en vente depuis septembre, à 295 $. Le prix du lecteur de CD-ROM Amdek est de 995$, mais on trouve des promotions où, pour 995 $, on a le lecteur et le Bookshelf.

Microsoft commercialise sous forme de licence une extension pour lecteur de CD-ROM sous MS-DOS. Hitachi, Sony, Philips, Sanyo, Toshiba ont tous acheté notre licence. Cette standardisation de fait assure que tous les disques marcheront sur tous les lecteurs de  CD-ROM et tous les ordinateurs. Actuellement, il existe 200 titres de disques en vente et plusieurs milliers de projets privés, la plupart du temps très spécialisés. Ça va exploser dans les six prochains mois : le prix du lecteur va descendre à 500 ou 700 $, et l'annonce d'Atari est à ce propos intéressante. Actuellement, on peut estimer à 40 000 le nombre de lecteurs de CD-ROM installés aux Etats-Unis. »

Tous les lecteurs de CD-ROM seront-ils donc obligatoirement connectés à une machine de type IBM PC ?

« Non, nous avons par exemple le projet de CD-I, Compact Disc Interactive. C'est un ordinateur familial, avec CD-ROM incorporé. Il a été annoncé il y a 2 ans. Beaucoup de promesses ont été faites, mais rien n'est venu, nous attendons toujours le premier prototype. Le CD-I essaye d'entrer sur le marché sans base installée, sans programmeurs. C'est très différent pour les compatibles IBM PC. Dans n'importe quelle boutique Tandy, on peut acheter un compatible IBM PC pour 700 $, et brancher un lecteur de CD-ROM dessus. On obtient un produit évolutif. En fait, la nouveauté pourrait venir du Macintosh. Il y a une base installée, beaucoup de gens savent programmer sur un Macintosh. Ainsi, il est donc possible que le Macintosh évolue et devienne le cœur d'un système multi-média domestique, nous avons beaucoup plus confiance dans un système bien connu et bien accepté que dans quelque chose de complètement nouveau. »

NOTRE COMMENTAIRE : Le CD-ROM connaît depuis quelques mois un succès remarquable aux Etats-Unis. Les applications se multiplient. On peut par exemple acheter sous forme de CD-ROM les deux dernières années du journal La Pravda, traduit en anglais. La condamnation du CD-I parait sans appel en revanche le nom d Apple n'est pas cité au hasard. La diffusion quasi gratuite d'flypercard par Apple prépare sans doute les utilisateurs à l'édition de CD-ROM édités sous forme de piles Hypercard. La troisième conférence Microsoft sur le CD-ROM, qui se tiendra début mars à Seattle, pourrait être pour John Sculley, le dirigeant d'Apple, l'occasion de faire des annonces majeures.

Michel Perrin est français, il travaille depuis plus de quatre ans chez Microsoft. Comment Microsoft s'adapte-t-il à la nécessité de traduire les logiciels pour de nombreux pays différents ?

« II y a un réel désir d'internationaliser l'ambiance. Nous avons 12 filiales à l'étranger, et il est indispensable que tout le monde ici comprenne ce qui se passe ailleurs. Je suis ici depuis plus de trois ans, et je constate une nette évolution. Pour mettre au point les différentes versions nationales, le groupe international intervient durant toute la phase de développement d'un nouveau logiciel. Nous devons nous assurer que les habitudes propres à chaque pays ne poseront pas de problème : clavier, écriture des monnaies et des dates. C'est facile. Pour les traitements de texte, surtout pour la césure automatique et le correcteur orthographique, le problème est plus ardu. On en arrive ensuite à la traduction du logiciel lui-même, avec des problèmes de taille de message, surtout en allemand.

Dans un premier temps, on a pensé confier les traductions des manuels à chaque filiale, mais l'expérience montre que si l'on veut synchroniser la sortie du logiciel dans ses différentes versions, il faut obligatoirement être le plus près possible de la source des informations, c'est-à-dire ici, près des programmeurs. »

<< Charles Stevens : « Lotus détient 80 % du marché du tableur. Ils peuvent tout perdre... »

C'est pour renforcer le groupe international que Dominique Kulig est arrivé de Microsoft France depuis quelques mois. Qu'est-ce qui vous a le plus frappé dans les habitudes de travail américaines ?

« Le premier choc, c'est l'utilisation systématique du courrier électronique. Chacun a sa boîte aux lettres électronique ouverte en permanence. Du coup, on peut sans problème débrancher son téléphone, ou venir travailler en pleine nuit. On sait que les gens, à défaut de vous joindre, vous laisseront un message. Autre avantage, depuis la création de ma boite aux lettres, je reçois des dizaines de messages qui me sont envoyés en copie, pour me tenir au courant de l'activité de l'entreprise. En quelques mois, j'ai ainsi appris une énorme quantité d'informations sur l'entreprise. Microsoft a édité un livre de conseils à l'usage des étrangers venant travailler ici. Il y figure cette jolie fable : imaginons que tous les habitants des Etats-Unis naissent avec des lunettes jaunes. Imaginons que tous les Européens naissent avec des lunettes bleues. Un Français venant travailler aux Etats-Unis, s'il veut s'adapter au pays, va mettre une paire de lunettes jaunes sur le nez. Ainsi, il se croira américain. Mais de retour en Europe, il risque fort de déclarer qu'il connaît bien l'Amérique, et que c'est un pays où tout, absolument tout est vert.-

Seymour DINNEMATIN, SVM n°47

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L'alinéa 8 de l'article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle explique que « Lorsque l'œuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire la reproduction d'une œuvre et sa représentation effectuées à des fins de conservation ou destinées à préserver les conditions de sa consultation à des fins de recherche ou détudes privées par des particuliers, dans les locaux de l'établissement et sur des terminaux dédiés par des bibliothèques accessibles au public, par des musées ou par des services d'archives, sous réserve que ceux-ci ne recherchent aucun avantage économique ou commercial ». Pas de problème donc pour nous!

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.