| ★ GAMES ★ DIVERS ★ OXPHAR: UN SCÉNARIO, UNE PIÈCE DE THÉÂTRE ET UN JEU INFORMATIQUE (AMSTRAD MAGAZINE) ★ |
| OXPHAR: un scénario, une pièce de théâtre et un jeu informatique (Amstrad Magazine) | Games Divers |
Résumons un peu l'histoire d'Oxphar. Il y a déjà quelque temps, Georges Vérin, créateur et metteur en scène de la Compagnie de la Manicle, écrivait, en collaboration avec Michel Bisson, le scénario d'une épopée chevalleresque nommée Oxphar. Mais soudain, alors que la pièce était déjà bien avancée, Georges Vérin découvre les jeux de rôle et d'aventure sur ordinateur. Et c'est le coup de foudre ! |
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Amstrad Magazine : comment va se présenter Oxphar, le soft ?
Michel Rho : il va être à la fois très semblable et très différent de la pièce de La Manicle. Georges Vérin est venu nous voir avec un scénario pour théâtre, donc très linéaire, et il nous a fallu le remanier, avec Philippe Taupin (le programmeur du jeu, avec qui j'avais d'ailleurs déjà fait équipe pour “Despotik Design”), pour pouvoir le rendre jouable sur ordinateur. En effet, un jeu d'aventure se doit d'avoir des solutions multiples à certaines situations, contrairement à une pièce, où le héros ne “réfléchit” pas. Mais il va de soi que les personnages sont les mêmes, ainsi que l'intrigue générale.
De plus, nous avons eu avec Philippe, qui est un véritable génie de l'informatique, pas mal d'idées originales pour un jeu d'aventure. Par exemple, les icônes. Alors que d'autres jeux les utilisent pour pallier l'insuffisance de l'analyseur syntaxique (je pense notamment à “Masque”), nous avons choisi d'en faire des solutions à des énigmes qui seront posées tout au long du jeu. De plus, elles sont dissimulées dans le décor, et le joueur devra les trouver, avant de résoudre l'énigme. Elles ont une fonction différente à chaque fois.
Notre principal soucis a été de ne pas retomber dans le piège classique des jeux d'aventure existants, à savoir le blocage de situation. Nous avons mis au point un système qui permette au joueur d'avancer dans le jeu quoiqu'il arrive. Mais bien sûr, il ne pourra gagner l'aventure que s'il a fait tout ce qui est demandé.


Philippe Ulrich / Emmanuel Viau
A.M. : je suppose qu'adapter un scénario de théâtre n'est pas chose facile ?
M.R. : bien sûr que non ! Il a fallu ruser à mort. Il était de toute façon impossible de rendre complètement l'ambiance de la scène, notamment les jeux de lumière et de son. Nous avons donc choisi de tout faire pour rendre le logiciel le plus attractif possible : une programmation des plus avancée, des graphismes d'enfer (merci pour moi), avec pourquoi pas des digitalisations des acteurs dans leur costume, et surtout un compromis entre l'aventure et l'arcade, pour rendre le jeu moins immobile. Ainsi, le personnage du Maître du Jeu est un sprite qui se balade sur
l'écran, jusqu'à atteindre un coin bien défini pour dire ce qu'il a à dire.
Bien sûr, dans le jeu son texte est écrit dans une bulle car on n'a pas assez de place en mémoire pour digitaliser une voix. Mais tout cela avec une extrême simplicité, car le jeu doit rester accessible à tout le monde.
A.M. : et au niveau conception pure ?
M.R. : pour ce qui concerne la programmation, je fais — ou plutôt nous faisons — entièrement confiance à Philippe Taupin, qui n'en est pas à son premier coup d'essai. Au risque de me répéter, je dirais qu'il est vraiment excellent, ça lui fera plaisir (rires). C'est pour les dessins que j'ai un peu peur. Non pas que je doute de moi (re-rires), mais on choisit de travailler en mode 1, ce qui nous aide pour adapter ensuite le logiciel sur Atari ST et IBM et compatibles. Or, j'ai l'habitude du mode 0, avec ses seize couleurs. N'en disposer plus que de quatre risque de me gêner énormément, mais avec un peu de pratique, ça ira tout seul. (J'avais pensé à dessiner des “gonzesses d'enfer”, tout simplement en digitalisant les actrices nues et en les “habillant” ensuite, mais je ne pense pas que ça se fera !) (re-re-rires).

"Un peu d'Ere" : Michel Rho
A.M. : Oxphar-le-logiciel est prévu pour la rentrée. Pourtant, une version Thomson existe déjà. Pourquoi un tel retard pour la version CPC ?
M.R. : la version Thomson d'Oxphar est une adaptation presque mot pour mot de la pièce. Les auteurs ont pris le scénario de La Manicle, et ont directement écrit leur logiciel d'après lui. Ce qui n'est pas notre cas. Si tu avais écouté ce que j'ai dit, tu n'aurais pas posé cette question (re-re-re-rires). Pour résumer, c'est parce que nous fignolons notre logiciel qu'il a du retard sur la version Thomson. Mais je peux garantir que l'attente en vaudra la peine !
Propos recueillis par Stéphane Scrheiber
Pour nos amis lecteurs de l'Ouest, nous signalons que la prochaine représentation de la pièce de Théâtre Oxphar aura lieu le 2 juillet 1987, au Havre, dans la salle Niemeyer de la Maison de la Culture.
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