Tous ceux qui, au péril de leurs nerfs et de leur vie, ont fini le Double Dragon premier du nom, se doutaient bien que la saga ne pouvait en rester là et que les deux héros du meilleur jeu de combat depuis la naissance du microprocesseur auraient de nouveau à combattre des bandes de géants verts et d'amazones cloutées. Normal, Double Dragon, comme Barbarian, est un des rares jeux qui mérite un certain nombre de suites.Souvenez-vous: dans leur première aventure, Billy et Jimmy Lee devaient sauver leur amie Marian des griffes des Guerriers Noirs. On le sait, la victoire fut totale. Seul problème, durant le combat, les héros laissaient en vie ( bien que très amochée ) une amazone punk, prénommée Linda. Pour ce nouvel épisode, la notice nous donne droit à un véritable scénario fleuve contant la guérison de Linda, et ses efforts pour ramener à la vie l'ensemble des Guerriers Noirs et leur chef Willy. Comme de bien entendu, tous ces horribles vont, une nouvelle fois, enlever Marian et, se disant qu'on ne les reprendrait pas deux fois, l'assassiner immédiatement. Clac! Comme ça, sans sourciller. Sortez vos joysticks, ces vilains ne méritent décidément (et une fois de plus) aucune pitié. 
VOTRE MISSION: COGNER, LATTER, ET FRACASSER! Voilà donc les frangins Lee de retour au turbin... Obligés de se retaper une bande de zombies afin de ramener à la vie les restes de leur copine en piteux état, et enterrée dans un champ magique. M'enfin, zombies ou pas, vos ennemis ne risquent pas de résister longtemps à vos coups de pied meurtriers. Là, laissez-moi m'adresser un instant aux novices, à tous ceux qui n'ont pas eu la chance de connaître Double Dragon, le first. PASSAGE MYSTIQUE POUR NOUVEAUX VENUS Double Dragon, chers amis, est une transe mystique. Lorsque l'homme joystick (appelé ainsi depuis qu'il ne quitte plus son CPC chéri) y joue, il oublie tout: le temps, l'espace, sa condition, ses devoirs du lendemain, ou sa feuille d'impôt. Double Dragon est une véritable religion, une merveille en sprites et pixels.    
NOTE EXPLICATIVE POUR INCULTES N'allez pas croire que dans ce soft culte de combat de rue, on se contente de latter avec poings et pieds. Car, en maniant le joystick avec dextérité (le jeu au clavier est tout aussi ergonomique), on peut rivaliser avec Bruce Lee. Et ce, en donnant de superbes coups de coude, coups de pied sautés (méchamment efficaces), coups de boule, finition de l'adversaire au sol (option uniquement utilisable dans le II, avec tout de même une certaine tendance au bug), sans oublier la possibilité d'utilisation d'armes. Pour plus de détails, reportez-vous au n°19 d'Amstrad Cent Pour Cent, dans lequel, soit dit en passant, Double Dragon récoltait la note (méritée) de 94%. COMMENT NE PAS SE FOULER C'est sûr, les créateurs de Double Dragon II ne se sont pas foulés pour ce second épisode. Déjà, la musique n'a pas changé d'un millimètre. Même s'il est agréable, pour une suite, de retrouver le thème principal, quelques petites variations auraient été les bienvenues. Les graphistes ne se sont pas plus fatigués: couleurs baveuses, contours grossiers, et décors très très proches du premier du nom. Attendez, ne partez pas: malgré ces petites faiblesses, Double Dragon II se présente tout de même comme une sacrée partie de plaisir. GARE AU NINJA-TOUPIE Revenons aux côtés positifs du soft. Le jeu à deux est toujours aussi prenant et excitant. Il faut dire que de nombreux nouveaux adversaires viennent rajouter du piquant à l'affaire: combattants cascadeurs qui vous attaquent en faisant la roue (rapidement stoppés par un shoot destructeur), gros zombies balèzes qui se régénèrent une fois abattus, ou ninjas danseurs spécialistes du coup de pied toupie qui tue.Passons aux armes, car il y a ici de nombreuses nouveautés. Ma préférée est un énorme tronc d'arbre que même Schwarzenegger aurait du mal à soulever. Ce que je fais d'un simple mouvement de joystick. C'est beau les jeux micro, non? Les battes de base ball ont, elles, été remplacées par des fléaux d'arme, ressemblant en fait à une pelle dont le manche aurait été remplacé par une chaîne. En tout cas, ça fait très mal.   
UNE SEULE REGLE: LATIER SON CAMARADE! Bon, arrive maintenant un problème d'éthique. En effet, je dois vous l'avouer, nous 'avons fini, Pierre et moi, le soft en quelques parties acharnées. Bon, c'est vrai, la baston, ça nous connaît (il faut bien s'envoyer quelques fleurs de temps en temps, non ?). Mais maintenant, tout dépend de votre vision des choses. Double Dragon ne s'aborde pas de la même manière que, par exemple, Rick Dangerous. Il a, au contraire, une mission défoulatoire. Ainsi, lorsqu'on joue à deux, on peut, une fois la mission terminée, combattre son camarade, un duel à mort déterminant le gagnant de la partie. Une fois le jeu maîtrisé, cette dernière stomba deviendra le véritable centre d'intérêt de Double Dragon II. Et puis, je vous conseille d'adopter de nouvelles règles pour jouer à deux sur ce soft: chacun pour sa peau, tous les coups sont permis entre les deux joueurs, tout en essayant d'avancer le plus vite possible. Fous rires garantis dans les mêlées destructrices. Du coup, même si ce second épisode est loin d'innover comme son prédécesseur, les fans de Billy et Jimmy seront ravis de les incarner dans une nouvelle aventure à haute teneur défoulatoire. DOUBLE DRAGON de VIRGIN [CO] Distribué par VIRGIN K7 : 99 F D7 : 149 F Graphisme : 93% Son : 85% Animation : 96% Ergonomie : 93% Global : 85% Matt MURDOCK, A100% n°27 Juin 1990, p22-p23
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