PEOPLES ★ RACHAT DE SINCLAIR PAR AMSTRAD : ALAN SUGAR S'EXPLIQUE ★

Sinclair - Spectrum 128|Science et Vie Micro)Sinclair - Zx Spectrum 2|Science et Vie Micro)RACHAT DE SINCLAIR PAR AMSTRAD: ALAN SUGAR S'EXPLIQUE

Nouveau coup de théâtre outre-Manche : illustre inconnu il y a à peine trois ans dans le monde de la micro-informatique, Amstrad (sigle pour Alan Michael Sugar Trading) vient de reprendre Sinclair pour quasiment une bouchée de pain, alors que ce groupe géant apparaissait comme une valeur sûre jusqu'à l'année dernière... « Amstrad n'a pas acheté Sinclair mais seulement ses brevets, son nom, ses stocks et le droit de vendre et de fabriquer ses machines actuelles et à venir. Pas question de reprendre les dettes, les employés ou les usines », nous a déclaré Alan Sugar, lors de son passage à Paris pour le SICOB de printemps. « Sir Clive reste PDG de sa société mais, s'il en fonde une nouvelle, une clause de l'accord prévoit qu 'il n aura plus le droit d'utiliser le nom de Sinclair pour quelque produit de consommation que ce soit » La transaction s'est élevée à 5 millions de livres sterling, payées cash, ce qui est incontestablement un bon prix si l'on tient compte du fait qu'Amstrad n'a pas eu à reprendre le passif de Sinclair (d'autant que le rachat par Robert Maxwell - projet avorté en juin 1985 - portait sur 12 millions de livres...)

Aujourd'hui devenu le n °1 européen de la micro familiale grâce à Sinclair, quelle sera donc la stratégie d'Amstrad ? Alan Sugar a bien voulu donnera SVM quelques précisions sur ses intentions. « Les deux sociétés seront largement complémentaires et couvriront toute la gamme de la micro-informatique. Sinclair se spécialisera dans les ordinateurs d'initiation et de loisir, tandis qu'Amstrad concentrera plutôt ses efforts sur des matériels plus professionnels. »



Sir Clive Sinclair, un chercheur hors pair.

Sans confirmer, néanmoins, le lancement prochain d'un compatible IBM pour 7 000 F TTC (voir SVM n°27)... Cette nouvelle orientation implique une refonte complète de la gamme Sinclair. Le QL, présenté lors de sa sortie comme l'arme décisive pour contrer Apple sur son propre terrain, sera abandonné ; le projet d'une version plus professionnelle du QL, avec lecteur de disquettes et connecteur d'extension, restera donc aussi dans un placard, tout comme Pandora, un modèle à écran plat, qui devait être commercialisé cet été et qui ne verra jamais le jour. Le sort du Spectrum 128, quant à lui, n'est pas encore clairement déterminé : « Son architecture servira de base à une nouvelle machine largement améliorée, qui sera présentée à l'automne prochain », répond Alan Sugar. Le Microdrive, tant critiqué pour sa fiabilité aléatoire, sera remplacé par un traditionnel lecteur de disquettes. On imagine mal que ce nouvel ordinateur ne soit pas compatible (dans une certaine mesure, tout au moins) avec le Spectrum Plus par exemple, afin de bénéficier de sa base logicielle ; gageons aussi que cette machine reprendra le nom de Spectrum pour ne pas trop déconcerter la clientèle. Les relations entre les deux groupes dans le domaine de la recherche de nouveaux produits ne sont pas encore totalement fixées. Pour l'heure, les deux laboratoires travailleront séparément, mais les ingénieurs d'Amstrad conserveront un droit de regard sur les travaux de leurs partenaires ; à terme, on peut craindre qu'une fusion des deux équipes n'aboutisse à la disparition des particularismes de Sinclair. Pour l'instant donc, Sir Clive reste à la tête de sa société et chapeaute l'activité recherche de Sinclair. On voit cependant mal comment deux individus, dotés de la forte personnalité qui les caractérise, pourront cohabiter sans le moindre accroc. Récemment Clive Sinclair n'a-t-il pas fait preuve d'un singulier mépris pour Alan Sugar ? A un journaliste qui lui demandait ce qu'il pensait de son concurrent, il a répondu « Amstrad qui ? » On peut douter qu'il conserve tout son sang-froid face à un homme de la trempe d'Alan Sugar quand on sait que, fin 1984, ce très digne lord britannique s'était bagarré dans un pub avec Chris Curry, le PDG d'Acom, à propos dune publicité comparative qu'il avait jugée par trop agressive...


Alan Sugar, le brillant PDG d'Amstrad.

Autre aspect essentiel, la production des machines. On connaît les prouesses réalisées par Amstrad pour obtenir des conditions particulièrement avantageuses de la part de ses fournisseurs. Ainsi toute sa fabrication est-elle effectuée dans le Sud-Est asiatique, alors que celle de Sinclair est localisée en Grande-Bretagne même, chez Thom-Emi, AB Electronic et Timex. Et Alan Sugar de s'exclamer : « Nous sommes très souples et nous ferons fabriquer les ordinateurs de Sinclair là où ce sera le moins cher. Pourquoi pas en Afrique ou même en France ? » En clair, cela signifie que certains sous-traitants locaux risquent fort d'être écartés s'ils n'offrent pas des prix un peu plus attractifs. Amstrad compte également recentrer les activités de Sinclair sur l'informatique. Si les recherches sur les puces ne sont actuellement pas remises en cause, Alan Sugar penche pour l'abandon de l'activité téléviseurs de poche et antennes satellites. Dernier point crucial : la distribution des produits Sinclair. A ce sujet, le PDG d'Amstrad est on ne peut plus net : « Dans quelques pays, les distributeurs de Sinclair seront conservés. Dans d'autres, ce sont déjà les mêmes que ceux d'Amstrad. Dans la plupart des cas, mes filiales assureront la distribution, notamment en France. -Voilà qui met définitivement un terme aux velléités du groupe belge Brion, après la faillite de Direco. Au vu de ces déclarations, on peut prévoir, sans grands risques d'erreurs, que l'identité même de Sinclair sera profondément remise en cause ; la société disposait pourtant de nombreux atouts -Sir Clive lui-même, chercheur hors pair, n'en étant pas un des moindres. Il est vrai qu'il s'est montré piètre gestionnaire et médiocre stratège (puisque des diversifications peu heureuses n'ont guère arrangé les choses), le ralentissement de la demande et la guerre des prix en Grande-Bretagne s'étant chargés du reste. La société Sinclair avait failli être cédée au magnat de la presse Robert Maxwell en juin 1985, mais celui-ci s'était finalement récusé devant l'ampleur des pertes financières (8,3 millions de livres) et des dettes (15 millions). La marque avait cependant connu un fantastique essor (40 % du marché britannique et plus de 15 millions de micros  vendus), ce qui avait valu à Sir Clive de se retrouver parmi les confidents de Margaret Thatcher...

L'épopée d'Alan Sugar mérite également d'être comptée. Après de modestes débuts à vendre des films à ses camarades d'école, Sugar poursuivit sa carrière de vendeur de choc en commercialisant des antennes radio pour voitures. Il monta alors une petite société de matériel hi-fi bon marché, en lançant notamment la première platine verticale. Son idée de génie sera de lancer le concept de l'ordinateur prêt à brancher, simple d'utilisation et à bas prix. Résultats foudroyants : 700 000 micros vendus en 1985,1,2 million prévus cette année, sans compter les 400 000 appareils de Sinclair ! Aujourd'hui, la conquête des Etats-Unis constitue l'étape cruciale de l'irrésistible ascension d'Amstrad. Car, là où de nombreuses firmes ont laissé leur santé, Alan Sugar a démontré une fois de plus son éblouissant savoir-faire commercial : il a signé un accord de distribution avec les magasins Sears et espère bien vendre quelque 150 000 unités dès cette année. Il affirme d'ailleurs avec malice : « Cet accord nous permet de réaliser un joli coup sans prendre aucun risque, car nous sommes un simple fournisseur et que nous n 'avons à supporter aucune dépense importante pour nous imposer sur le marché. » L'opération de rachat a donc permis à Amstrad de devenir la toute première marque européenne de microordinateurs familiaux, mais le fabricant saura-t-il conserver son indépendance ? Oui, assure sans embage Alan Sugar, sûr de son coup puisqu'il détient plus de la moitié du capital de sa société.

SVM n°28 (MAI 1986)

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.