PEOPLES ★ NOËL 87 : ON A MANQUE D'ORDINATEURS FAMILIAUX ★

NOEL 87 : ON A MANQUE D'ORDINATEURS FAMILIAUX

COMBIEN DE FOIS N'A-T-ON PAS ENTENDU dire que l'informatique familiale était morte et enterrée ? Eh bien, ce n'est l'avis ni d'Amstrad, ni de Thomson, ni d'Atari, ni de nombreux revendeurs français, qui, tous, faisaient des pieds et des mains en décembre dernier pour fournir aux clients, avant Noël, des ordinateurs qu'ils avaient en nombre dramatiquement insuffisant. Plusieurs dizaines de milliers de ventes, estime-t-on, ont été perdues faute de machines. Si une partie de cette pénurie est due aux événements de Corée du Sud, qui ont bloqué la production de certains modèles l'été dernier et retardé leur livraison, tout le monde est d'accord : au moment où les commandes ont été passées aux usines, entre mai et août derniers, revendeurs et constructeurs ont grossièrement sous-estimé ce que serait la demande de micros familiaux à Noél 87. « flous aurions pu très largement vendre deux fois plus de machines que prévu », reconnaît Michel Roux, responsable des ventes chez Thomson, « nous avons sous-estimé le marché des 8 bits, beaucoup plus soutenu qu'on ne l'attendait ».

« Nous aurions pu doubler nos prévisions pour décembre » , dit Marion Vannier, directrice d'Amstrad France. Les 100 000 CPC inscrits dans le carnet de commandes de juillet à décembre étaient insuffisants, bien que les prévisions pour Noél 1987 aient été supérieures de 20 % à celles de 1986. « Nous avions prévu de vendre 30 à 40 000 STde septembre à décembre », disait Elie Kenan, P-DG d'Atari France, à une semaine de Noël. « Nos stocks de septembre ont été épuisés dès fin août, et depuis, nous nous employons à rattraper la demande, flous faisons le maximum pour y arriver d'ici la mi-janvier».

Si certains gros revendeurs ont vu le vent venir (la FNAC disait avoir « prévu le redémarrage de la demande » et connaître « très peu de perturbations »), d'autres, plus imprévoyants ou moins influents, ont vu les acheteurs leur filer sous le nez. Quant aux émeutes de Corée, elles ont obligé les constructeurs à faire la course. Thomson, qui a recours à une usine de sous-traitance à 200 kilomètres au nord de Séoul pour les MO6, TO8 et TO80, a vu sa production arrêtée en juillet et août derniers. La désorganisation des moyens de transport a, par la suite, retardé l'acheminement des machines. Les premières livraisons du TO80, dont la disponibilité en France était initialement prévue pour octobre, ne sont intervenues que fin novembre, en petite quantité, alors qu'il s'agit du modèle le plus intéressant de la gamme. Les premiers exemplaires du TO8, qui était auparavant fabriqué à l'usine de Saint-Pierre Montlimart dont la fermeture a été décidée en novembre 1986, sont, eux, arrivés de Corée dès septembre. Malheureusement, la plupart des clients réclamaient un lecteur de disquettes optionnel dont la livraison a été retardée, parce que le sous-traitant irlandais choisi n'avait pas une capacité de production suffisante...


Pas assez d'Amstrad CPC 6128 couleur.

Quant au MO6, essentiellement destiné au marché de l'éducation, ce n'était pas un enjeu important dans les ventes de fin d'année. Résultat : à huit jours de Noël, 15 % des 30 000 ordinateurs que Thomson avait prévus de vendre dans les trois derniers mois de l'année n'étaient pas encore parvenus en France. Cependant, Michel Roux, responsable des ventes, espérait, au prix de quelques « bousculades », livrer la totalité des machines prévues avant la date fatidique du 25 décembre. « Ces difficultés de fabrication ne devraient pas affecter sensiblement nos prévisions de vente », disait-il. Le problème, c'est que ces prévisions étaient largement en dessous de la réalité... Amstrad, lui aussi fabriqué en Corée, a également été touché. Alors que les fêtes approchaient, de nombreux revendeurs se plaignaient de « ne pas pouvoir trouver d'Amstrad ». Le retard, dit Manon Vannier, n'a finalement été que de deux à quatre semaines. Deux semaines qui peuvent faire toute la différence, selon qu'elles finissent avant ou après noël : une ultime livraison de 10 000 CPC 6128 était attendue pour le 23 décembre... Mais Marion Vannier n'a pas d'inquiétudes : les acheteurs qui n'ont pas trouvé d'Amstrad en décembre auront attendu le début de l'année, assuré-telle.

SVM n°46 (Janvier 88)

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.