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Amstrad fait des Vagues dans le Logiciel

La sortie du compatible IBM PC d'Amstrad, au pire deux fois moins cher que la plupart de ses concurrents, ne menace pas seulement les constructeurs d'ordinateurs ; elle risque aussi de faire baisser les prix de tous les logiciels professionnels au standard IBM. Déjà, on sait qu'une dizaine de programmes professionnels de haut niveau seront proposés à moins de 1000 F, spécialement à l'intention du PC 1512. C'est indispensable pour assurer le succès de l'Amstrad PC : comment imaginer qu'un client qui achète son ordinateur 5 000F accepte de payer le même prix pour un programme ?


Alan Sugar, P-DG d'Amstrad et Philippe Kahn, de Borland, autour du nouveau PC.

L'offre la plus spectaculaire est celle de Framework : à l'époque de sa sortie, ce logiciel intégré d'Ashton-Tate était l'un des programmes les plus puissants que l'on pouvait acheter sur le marché. Il coûtait près de 8000 F HT à la fin de l'année dernière, date à laquelle la commercialisation de la première version a cessé. Aujourd'hui, elle reprend grâce à l'Amstrad. A un détail près : le prix a été divisé par huit... Pour le même prix de 990 F HT, les utilisateurs de micros IBM parfois quatre fois plus chers que leur équivalent chez Amstrad pourront se procurer la base de données dBase II.

Continuons : une version particulière du célèbre traitement de texte Wordstar, qui emprunte aux trois programmes de Micropro (Easy, Wordstar 3.4 et Wordstar 2000) sera distribuée aux alentours de 780 F. Le traitement de texte Evolution de la société française Priam sera diffusé à 990 F HT, alors que son prix normal est de 3 400F. Des versions adaptées du traitement de texte Word et du tableur Multiplan de Microsoft seront vendues à moins de 1000 F. La comptabilité Saari, l'une des meilleures du marché, sera offerte à moitié prix. La base de données avec module graphique Reflex, de Borland, déjà dotée d'un stupéfiant rapport qualité-prix, devrait baisser du tiers pour être vendue moins de 1000 F. Sidekick, l'outil de bureau du même éditeur, baissera de 60 % pour atteindre 330 F HT. neuf logiciels d'application sous QEM édités par Digital Research seront progressivement proposés, toujours à moins de 1000 F. Ce n'est sans doute pas une coïncidence si d'autres logiciels de qualité pour compatibles IBM arrivent en ce moment sur le marché à des prix étonnants. Laurent Schuhl, un ancien de Lotus France, a fondé une société de logiciel pour importer un clone du tableur 1-2-3 de Lotus, baptisé VP Planner, vendu 1500F au lieu de 4100 F pour l'original. Même prix chez AB Soft pour un autre clone de 1-2-3, Farsight, qui intègre en plus un traitement de texte. Autre clone, Fox Base+, qui compile dBase III+ et coûte quatre fois moins que les logiciels correspondants. Mais tout n'est pas si simple. Les grands éditeurs qui participent à ce mouvement sont partagés entre la crainte de rater un marché, s'ils ne proposent pas des programmes au prix proportionné à celui de l'Amstrad, et la crainte de se concurrencer eux-mêmes en détournant la clientèle de leurs programmes chers. Alors, ils rusent. Première ruse : remettre sur le marché des versions anciennes de logiciels toujours en vente mais améliorés depuis. 

C'est le cas de dBase II, aujourd'hui déclassé par dBase III+. Seconde ruse : proposer des versions dégradées de logiciels existants. C'est le cas de Framework ' Premier, qui combine les deux méthodes précédentes : non seulement il s'agit d'une version ancienne, mais en plus on lui a ôté son module de communication. C'est aussi le cas de Word Junior et Multiplan Junior. Troisième ruse : utiliser les caractéristiques propres de l'Amstrad PC (sa mémoire vive non volatile, par exemple) pour obliger le logiciel à les reconnaître. Les programmes ainsi verrouillés ne pourront pas tourner sur un autre compatible. C'est le cas de Sidekick et Reflex. Même chose pour Evolution, logiciel nouveau dont les frais de mise au point n'ont pas été amortis, et dont la version Amstrad disposera en outre de quelques fonctions de moins. Quatrième ruse, la plus subtile : définir une procédure d'installation légèrement différente sur la version bon marché destinée à l'Amstrad et sur la version chère destinée aux autres compatibles. Rien qu'un amateur éclairé ne puisse aisément circonvenir, mais voilà : la marche à suivre n'est pas indiquée dans le manuel.

C'est le cas des logiciels QEM de Digital Research. Aujourd'hui, le bilan est clair : aucun éditeur de renom n'a accepté de baisser ses prix pour l'Amstrad sans avoir recours à l'une des ruses précédentes. Mais combien de temps pourront-ils tenir ainsi ? « Qu'on ne me raconte pas d'histoires », pourrait raisonner le possesseur d'un compatible IBM « cher ». « Si Ashton-Tate a été capable de diviser du jour au lendemain le prix de Framework par huit, ancienne version ou pas, c 'est bien que l'ancien prix était du vol ». Le jour où les utilisateurs auront ce sentiment, Amstrad aura déclenché parmi les éditeurs un tremblement de terre aux conséquences imprévisibles.

Pour le moment, ils sont vigilants, mais affichent la sérénité. « non seulement les prix du logiciel professionnel ne baisseront pas l'année prochaine », estime Guy Toye, le responsable français d'Ashton-Tate,  mais ils risquent de monter, ne serait-ce que parce qu 'on fera payer une assistance qui autrefois était gratuite « . Il y aura toujours des utilisateurs de haut niveau prêts à payer pour obtenir les toutes dernières versions » Juge Bill Gates, le président de Microsoft. « En même temps, il y aura un autre marché d'utilisateurs moins exigeants, recherchant des programmes à 100 ou 200 dollars »

. Chez Digital Research en revanche, Paul Bailey, le vice-président européen, reconnaît que le logiciel doit baisser : « De combien ? » Là est la question. Sans doute y aura-t-il deux marchés : celui des applications réseau ou multi-utilisateurs, où le prix passera des 5 000 F d'aujourd'hui aux alentours de 3 000 F, et celui des applications mono-utilisateur simples, où le prix sera inférieur à 1000 F.

Tout de même, on sent que la question agace les éditeurs américains. « On dirait que la presse s'excite beaucoup autour de cet Amstrad PC, par ici ! », a fait un Bill Gates mal rasé à l'issue de sa conférence de presse du SICOB, mi-goguenard, mi-ennuyé. « Qu'est-ce que c'est que cette mystique Amstrad en Europe ? » , a lancé de son côté Philippe Kahn de Borland, qui s'est pourtant laissé photographier aux côtés d'Alan Sugar. « C'est un clone bon marché, c'est tout. On en trouve pour moins cher aux Etats-Unis.

Après le lancement de l'Amstrad PC, j 'ai dit à un groupe d'analystes financiers anglais : Vous êtes fous de dire que cette machine va faire monter les actions d'Amstrad au niveau mondial, pour Borland, Amstrad va représenter cette année 1/2 % de nos bénéfices » Philippe Kahn a-t-il des regrets ? « nous ne vendons pas de versions spécifiques Amstrad de nos logiciels à prix réduits. C'est Amstrad qui les vend. En fait, on est contre ça. »

Diable ! On risque de s'amuser dans les mois qui viennent..

SVM n°32 (10/1986)

★ LICENCE: ???
★ ANNÉE: 1985

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L'alinéa 8 de l'article L122-5 du Code de la propriété intellectuelle explique que « Lorsque l'œuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire la reproduction d'une œuvre et sa représentation effectuées à des fins de conservation ou destinées à préserver les conditions de sa consultation à des fins de recherche ou détudes privées par des particuliers, dans les locaux de l'établissement et sur des terminaux dédiés par des bibliothèques accessibles au public, par des musées ou par des services d'archives, sous réserve que ceux-ci ne recherchent aucun avantage économique ou commercial ». Pas de problème donc pour nous!

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.