HARDWARE : Synthetiseur vocal techni-musique

Avec un synthétiseur vocal qui parle français, vous ne pourrez plus résister à la tentation de faire prononcer a votre CPC 464, 664 ou 6128, des phrases comme: « je pense, donc je suis ».

Le synthétiseur vocal de chez Techni-Musique, société française établie à Clermont-Ferrand, se présente sous la forme d'un petit boîtier qui se connecte sur la sortie « expansion » du CPC 464, 664 ou 6128. Il est livré avec une cassette contenant un logiciel sur chacune de ses faces. Le premier logiciel offre trois options : la première pour transformer votre Amstrad en horloge parlante ( c'est spectaculaire ), la deuxième pour réciter les différents phonèmes de la langue française, la troisième pour vous permettre de lui faire prononcer une suite quelconque de phonèmes. Le deuxième logiciel de la cassette apporte une nouvelle instruction au Basic Locomotive. Il s'agit de SPEAK , suivi d'un nombre de paramètres pouvant atteindre 32. Le premier d'entre eux détermine la hauteur de la voix, les suivants correspondent aux phonèmes de la séquence à prononcer. Fait important, ces phonèmes, au nombre de 38, sont français. SPEAK permet donc l'inclusion dans vos programmes Basic de séquences vocales avec sauvegarde possible de l'ensemble. Le logiciel fourni est aussi disponible sur disquette pour 140 F.

... et le CPC parla français

Le résultat obtenu est assez satisfaisant, la voix est certes nasillarde et quelque peu extraterrestre, mais elle reste compréhensible. Et puis, si la ressemblance avec la voix humaine était parfaite, ce périphérique perdrait sans doute un peu de son charme. La documentation se réduit à une simple feuille de papier, mais c'est suffisant : pour faire fonctionner ce synthétiseur, il suffit de savoir le connecter et de connaître la table de correspondance entre les phonèmes et leurs codes.

Rappelons qu'il existe plusieurs solutions pour synthétiser la voix humaine. La plus simple, mais la moins fidèle, consiste à procéder par phonèmes, échantillonnés et numérisés (*) à partir de la voix humaine. Le phonème, c'est la « lettre » du langage oral. Dites « a », vous avez prononcé un phonème, dites « trente-trois », vous venez d'enrichir l'espace sonore environnant de huit phonèmes ( t, r, en, t, t, r, oi). Cette solution a été retenue par Techni-Musique. Une autre méthode utilise les diphonèmes qui, comme leur nom l'indique, sont la combinaison de deux phonèmes : « a » est un phonème, « ma » forme un diphonème. Le résultat est nettement meilleur, mais la mise en œuvre plus complexe : il existe plusieurs centaines de diphonèmes contre une quarantaine de phonèmes seulement. Pourtant Techni-Musique annonce un nouveau logiciel permettant la programmation de ce synthétiseur par diphonèmes. Mieux encore, cette jeune, mais dynamique société, nous promet également un logiciel contenant trois cents mots courants de la langue française, et si vous n'y trouvez toujours pas votre bonheur, Techni-Musique vous propose la numérisation de tous les mots et phrases que vous désirez, y compris dans une langue étrangère, et éventuellement prononcés par vous-même. Imaginez-vous votre ordinateur parlant avec votre propre voix ?

THIERRY LÉVY-ABÉGNOLI

(*) La différence entre numériser et digitaliser ? Pour le scientifique : c'est la même chose. Pour le puriste : le premier terme est d'origine française, le second d'origine anglaise.

SI VOUS HESITEZ

La comparaison du synthétiseur de Techni-Musique avec ses homologues, le SSA-1 d'Amstrad et le DK'tronics, est à la fois simple et difficile. Les 500 F que coûtent ces derniers - rappelons que nous avons testé le SSA-1 dans Mîcrostrad n° 1 - sont à comparer aux 640 F, prix du Techni-Musique. De plus, ce dernier est livré sons haut-parleur, tandis que les autres vous en offrent une paire, au « look » très « autoradio ». Celui de Techni-Musique n'a d'ailleurs qu'une seule prise pour laquelle vous devrez bricoler un petit câble de liaison à l'amplificateur indispensable. En revanche, l'accent du Techni-Musique fleure bon le français. Et les sentiments, ça n'a pas de prix ! A quoi bon la stéréo et les petites économies si , finalement, votre oreille ne peut apprécier les réflexions profondes de votre CPC ?
 

THIERRY LÉVY-ABÉGNOLI , Microstrad n°2 , nov/dec 1985 - http://cpcrulez.fr
 

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