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Disquette - la Disquette Sous Toutes Ses Faces|Science et Vie Micro)Hardware Peripheriques

Fabrication : complexe
Tendance: mouvementée.

Qui n'a pas sa disquette ? Avec 1 milliard d'unités vendues en 1984, ce support magnétique d'informations devient aussi banal que les cassettes audio. Entre euphorie et inquiétude, les fabricants se précipitent sur ce nouveau filon, en plein développement: le disque souple de 10 M-octets de capacité est pour 1986. Et malgré un processus de production complexe qui fait de la disquette un objet très sophistiqué, sa fiabilité en usage courant est quasi totale. Ouf!

L' EUSSES-TU CRU? LA DISQUETTE est en pleine révolution : c'est le 'far-west', dit un fabricant, 'on attend une croissance fantastique' dit un autre, 'il va y avoir des victimes'prévient un distributeur, 'on aborde une période charnière' , ... Quel concert ! Les professionnels de la disquette sont si agités que, en comparaison, le monde déjà survolté de la micro parait presque paisible. Explication : 'Il y avait 27 marques il y a quinze mois, il y en a 103 aujourd'hui: tout le monde ne peut pas tenir sur un marché aussi explosif, dit Pierre-Jean Billon, directeur général de Verbatim France, qui fume cigarette sur cigarette. D'après une étude du Santa Clara Consulting Group, en Californie, il s'est vendu près d'un milliard de disquettes en 1984, dont 60% aux Etats-Unis ; le chiffre atteindrait 2 milliards en 1987-88. Et pour l'Europe, la progression est encore plus violente : de 140 millions en 1984, le continent passerait à 500 millions: 260% de croissance en 3 ou 4 ans !
'C'est un marché qui va faire plus que les cassettes audio et vidéo réunies' estime Joseph de La Taille, chez Memorex, en s'agitant sur sa chaise. Et si l'on observe des taux de croissance en forme de trajectoire de fusée, si les marques se multiplient comme champignons sous la pluie, c'est que la disquette va atteindre son grand-prêtre anonyme: le grand-public (ou "end-user", selon le rite anglo-saxon).

On ne sait toujours pas qui a inventé la roue, mais pour la disquette, on sait : la froide grand-mère de l'informatique, Big Blue, alias IBM. Selon une légende, un ingénieur de sa branche italienne invente la disquette et son lecteur, après une observation attentive des mange-disques. Légende ou pas, en 1971 IBM sort le 8" (disquette de diamètre 8 pouces) et applique le système au traitement de texte.

Suffisamment efficace pour que le 8" se fasse une place au soleil, entre moult systèmes d'archivage informatique, bande calculateur, streamer, cassette, disque dur, etc

Usage: fiable. L'utilisateur y trouve son compte.

Efficace, mais un peu grand. En 1976, une société californienne, Dysan, invente le format 5"1/4. Même système d'enregistrement magnétique, même fiabilité, même capacité de stockage, mais plus petit Le 5° 1/4 démarre en flèche : parce qu'il correspond, dans l'esprit et dans le temps, au boom de la micro-informatique ; parce que, aussi, les fabricants qui s'intéressent à la disquette ont eu l'intelligence d'adopter des standards communs au travers d'organismes comme l'ANSI ou l'ECMA (1). Les spécifications identiques des principales caractéristiques des disquettes leur permettent d'aller sur les lecteurs de toutes les marques, sous réserve d'un formatage adéquat Le piège dans lequel se débat le matériel a été évité, le 5" 1/4 s'envole.

On veut encore plus petit Dysan tente un format de 3"1/4 et se plante. IBM tente un format de 3"9 et se plante. Maxell tente un format de 3" et se plante. Sony tente un format de 3"1/2 et ça marche. Adopté par Apple et Hewlett-Packard, ce mini-format est en voie de s'imposer comme nouveau standard - en même temps qu'il relance la folle boule du marché disquette. Folle ? Parce que des nouveaux produits se profilent dans tous les tiroirs ; parce que les chiffres sont gonflés ; parce que les fabricants vendent à leurs concurrents leurs propres produits ; parce que le consommateur n'y comprend rien. Et parce que, sous l'anodine disquette se dessine le combat majeur de l'informatique d'aujourd'hui.

Prenez la France : on ne sait pas, à deux millions près, combien de disquettes se vendent. Selon les estimations des professionnels, cela va de 14 millions à 24 ! Va pour 19 à 21 millions d'unités en 1984, selon l'opinion la plus commune. Et pour 1985 ? 'Le marché sera de 20 millions'dit Madame Moins ; 'Il sera de 35 millions' dit Monsieur Plus. Limpide.

Prenez les ventes de chacun. Verbatim, le leader mondial, est aussi leader français: environ 6 millions de disquettes vendues en 1984; Memorex s'accroche, à près de 5 millions ; Rhône-Poulenc Systèmes et 3 M collent à la roue, en revendiquant 3,5 à 3 millions vendues en France. Sans oublier les prétendants qui annoncent qu'ils font ou vont faire un malheur : Xidex, Nashua, Dysan, Maxell, Fuji, Control Data, Sony, BASF , ... Et une kyrielle d'impétrants qui se glissent sur les rayons des boutiques : SKC, Laserdata, Sentinelle, Rovi-flex, Esselte,... En gros, le 8", en fin de course, fait un tiers des ventes ; le 5"1/4, prospère, les deux tiers, et le 3"1/2 est encore marginal. Mais il risque d'autant plus de déstabiliser le marché que celui-ci est en plein bouleversement: jusqu'à présent, 35 à 40% des ventes se font vers les OEM ("original equipment manufacturers"), des constructeurs d'ordinateurs qui achètent des disquettes et y étiquet-tent leur nom. L'essentiel du reste se vend par de classiques réseaux de distribution, à destination d'un public majoritairement professionnel.

A la recherche du grand-public

Or, cette répartition va radicalement changer. Selon une étude du cabinet américain "Magnetic Media Information Services", ces deux catégories, qui représentaient 80 % des ventes en 1981 vont descendre à moins de 50% au profit de consommateurs comme les duplicateurs (ceux qui consomment des disquettes pour recopier des programmes), la vente par correspondance, et la vente au détail auprès du grand-public. Aux Etats-Unis, ces trois nouveaux circuits représenteraient plus de 40% des ventes en 1986.

Les fabricants de disquettes vont devoir s'adapter pour séduire les "hobbyistes" - et conserver leur part du gâteau. C'est d'autant plus difficile qu'il est délicat déjuger de la qualité d'une disquette; on l'a vu, des normes communes ont été définies. Ce qui veut dire que toutes les disquettes mises en vente respectent un certain nombre de critères techniques mesurant la qualité magnétique du support Et comme ces critères sont fixés à une barre plus élevée que celle requise par l'utilisation courante, les disquettes sont pour l'essentiel de qualité égale, du point de vue du consommateur. A la différence des cassettes audio que n'importe qui peut hiérarchiser avec une bonne chaîne, les défauts d'une disquette sont peu repérables ; ça marche ou ça ne marche pas. Même pour de gros consommateurs qui peuvent faire des tests poussés, les différences ne sont pas évidentes : 'On a testé une dizaine de marques, dit le directeur de CAAV. un nouveau duplicateur de la Côte d'Azur, et on s'est retrouvé avec trois fabricants à égalité de qualité, notre choix s'est alors opéré en fonction de la sûreté d'approvisionnement que ion pouvait espérer'. Cette absence de différenciation explique qu'à la FNAC de Bruxelles, on puisse vendre depuis dix mois des disquettes en vrac, sans marque, et sans retour ou plainte des acheteurs. A 99 FB la disquette, au lieu de 140 FB pour les concurrentes, ce produit blanc fait un tabac avec 30 à 40% des ventes de disquettes du magasin.


Un revêtement particulier permet
de faire apparaître les 77 pistes de cette
disquette déjà formatée: les segments noirs
représentent le début des secteurs.

Pour survivre, les fabricants ont plusieurs solutions. D'une part, mettre en avant des détails : celui-ci dira que sa pochette, pliée en carré, assure une meilleure rotation du disque, celui-là vantera la qualité de ses soudures, le troisième avancera la qualité unique de sa lubrification, qui permet une moindre usure de la tête de lecture... D'autre part, jouer sur ce que les Américains appellent plaisamment le "human factor" : valoriser l'environnement de la disquette (emballage, couleurs, réputation de la marque) plutôt que ses qualités techniques. Enfin, et peut-être surtout, fignoler leur processus de production. Toutes les disquettes doivent satisfaire à un certain nombre de qualités déterminées ; mais tous les fabricants n'arrivent pas à produire une même proportion de disquettes conformes. L'un aura 10% de rejet, l'autre 40%. A qualité égale du produit fini, le coût de production n'est pas le même. Il est aussi lié au volume produit : c'est l'effet d'économie d'échelle : plus on produit, moins c'est cher à l'unité. C'est pourquoi de nombreux fabricants poussent les feux au maximum, quitte à se retrouver en surproduction. Il ne leur reste plus alors qu'à vendre le surplus à des concurrents, fabricants ou non : nombreuses sont les marques qui achètent leurs produits à d'autres, en se contentant de mettre leur étiquette.

Abaisser les coûts de production ? Mais il faut automatiser, investir - et ce, au moment où, concurrence oblige, les prix baissent et les marges rétrécissent Au détriment de l'avenir parfois : 'Vendre trop bon marché n'est pas intelligent, dit Bernard Jacques, chez BASF : les marges deviennent trop faibles pour que l'on puisse investir, notamment dans la recherche".
Les fabricants se retrouvent dans un étau : il faut baisser les prix, donc baisser les coûts, donc produire beaucoup. Mais on est alors contraint de vendre à d'autres qui sont concurrents et font baisser les prix... il reste la fuite en avant, produire en espérant que le marché suivra. Et si l'on n'a pas les reins assez solides, on se fait racheter, comme Dysan par Xidex, ou Brown Disks par Rhône-Poulenc Systèmes. Et puis ne pas se tromper sur l'évolution prochaine.

IBM tranchera

La grande question est de savoir si vraiment le 3"1/2 va s'imposer. Pour l'instant, il ne tourne que sur un nombre limité de machines, notamment le Macintosh d'Apple. La majorité des constructeurs se tâtent avant de choisir. Ils attendent la décision d'IBM... Big Bluejoue un rôle non négligeable en achetant ses disquettes 5"1/4 à divers fournisseurs et créant parfois, par le volume élevé de ses achats, des liens de dépendance. Mais, ayant loupé le 3"9, IBM trouve un peu vexant d'adopter le 3"l/2 -et délicat : on accepterait alors de suivre ce petit concurrent si énervant, Apple, et ces satanés Japonais, qui font chevaucher le 3"1/2 sur la vague MSX.

Mais, pour une fois, 1BM a dû suivre le choix du marché : elle vient de commander un million de lecteurs 3"1/2 à Toshiba ; l'hypothèse la plus naturelle est qu'ils sont destinés au futur portable d'IBM. De même, le Japonais Y-E Data, le plus grand constructeur de lecteurs du monde, vient de choisir le 3"1/2. Après une étude approfondie d'un an, il l'a jugé préférable pour des applications professionnelles au 3" et au 3"1/4, selon des critères portant sur les performances, la fiabilité et le coût de production. Le 3"1/2 semble bien avoir gagné sa bataille.
L'affaire ne se finira pas avec le 3"1/2. Qui dit produit technologique dit recherche et dit changement permanent. Tout le monde doit amortir les investissements réalisés pour produire du 3"l/2, mais déjà les nouveaux produits se profilent. Quasi opérationnelles, mais pas encore totalement maîtrisées, la 3"1/2 double face et la 5"1/4 haute densité.

Opérationnel déjà, le Drivetec, adopté par Kodak, un lecteur qui permet de stocker jusqu'à 3,3 M-octets : le moteur asservi permet un repérage très précis des pistes d'enregistrement, on peut donc en augmenter le nombre. Opérationnel aussi, le Bernouilli Box de Iomega, qui fait flotter le disque souple au-dessus d'un plateau rigide et permet un stockage de 10 Mo. Prêt mais cher, le procédé Spincoating de Brown Disks : on couche les particules magnétiques non plus linéairement, donc de manière aléatoire, mais de façon concentrique, disque après disque, ce qui augmente la capacité.

A l'étude, la disposition verticale des particules d'oxyde, qui augmente la densité d'informations. Sans parler des recherches sur les composants (par exemple le remplacement de l'oxyde de fer par un oxyde de cobalt), la grande affaire de l'avenir est le disque optique. On sait le faire fonctionner en écriture-lecture, mais on ne sait pas encore bien effacer pour réécrire. Pourtant, Sony et Hitachi ont présenté des prototypes qui pourraient effacer : le laser chauffe la surface du disque, la polarité magnétique change, et on peut écrire de nouveau. On prévoit des disquettes d'environ 3" qui supporteraient 50 Mo ! Comme dans d'autres domaines, le disque optique s'annonce comme le grand procédé de mémorisation des données des années 90.


Machine pratiquant le formatage des
disquettes, c'est-à-dire la découpe des pistes
en secteurs où ion pourra 'ranger' les
informations à mémoriser.

Et tant qu'à faire, on peut déjà penser au stockage chimique, à base de protéines : on comptera alors en giga octets (1000 Mo)...
C'est peut-être beaucoup pour la majorité des utilisateurs. Et dans l'immédiat, ce sont eux qui vont arbitrer la bataille des chefs, au niveau plus modeste des 5"1/4 et 3"1/2.

(1) ANSI : American national standard institute; ECMA : European computer manufacturing association.

Hervé KEMPF - SVM n°14 - http://cpcrulez.fr

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.