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Dossier Piratage 1985|CPC Revue)Applications Cours De Bidouillage

S'il est un point épineux dans le commerce autour de la  micro-informatique, c'est bien celui-ci ! l/éditorial du  numéro 5 a déclenché bien des réactions. Vos arguments sont nombreux et souvent justifiés. Pourtant, en participant au développement du piratage, chacun d'entre nous, à quelque niveau aue ce soit* compromet l'avenir de la
création.

Après avoir pris note de vos arguments, résumés en partie dans la lettre d'un lecteur qui a eu le courage de ne pas rester anonyme, c'est la raison pour laquelle nous la publions, nous avons pris contact avec différents éditeurs. Vos arguments, les voici :
–  A qualité égale, les logiciels français sont souvent beaucoup plus chers que leurs homologues anglais (ou U.S.) mais, souvent, la qualité française est inférieure pour un prix qui reste supérieur.
–  Le rapport des prix entre versions cassette et disquette est disproportionné : souvent, une centaine de francs à payer en plus, soit environ trois fois le prix du support vierge ! Quarante à cinquante francs de plus seraient le maximum acceptable. Le prix maximum admissible pour un logiciel de jeu sur cassette semble être, pour vous, de l'ordre de 120 F ; sur disquette, cela mène à 160 F... Bien sûr, vous savez faire la différence entre les jeux et les logiciels à vocation professionnelle.
–  Le même programme coûte beaucoup plus cher en version APPLE que COMMODORE ou AMSTRAD. Est-ce que cela signifie qu'on peut matraquer les "riches" qui possèdent un APPLE ?
–  La mauvaise diffusion du logiciel (un titre nouveau qui vient de sortir n'est pas facile à trouver à Agen, alors qu'à Paris... ) facilite la prolifération des listes et recherches de contacts par les canaux de la télématique et de la presse.
Mais, lisez plutôt la lettre de Guy DEFLAUX d'AIbi (dont nous ne partageons pas tous les arguments).

Lettre à un donneur... (de leçons !). Te voilà donc, perfide ! qui t'avances, masqué ! Qui est-tu ? Un messie... ou un marchand du temple ? C'est Pilate qui t'arme, Centurion de Judée, pour crucifier ce juif voleur, comme un exemple. Un vol ! vraiment un vol ? Voyons de plus près :
Le gogo qui achète, en juillet 85, un CPC 664 à 6000 F et qui le trouve, 2 semaines plus tard à 5500 F à La Redoute : Qui a-t-il volé ?
Ce même gogo qui part en vacances et découvre, en rentrant (septembre), que pour "pas un pécos de plus", il aurait aujourd'hui 64 ko de plus à bouffer ; Qui a-t-il grugé ?
Toujours le même "affreux" qui achète, sur (es conseils de revues et journaux (à la délicatesse toute byzantine), quelques ouvrages "ethnologiques" sur la "vie des octets dans la mémoire du CPC" ("La Bible", "Trucs et Astuces", "Clés pour Amstrad"....) et découvre avec stupeur que presque rien ne s'applique au cas du 664 (toutes les adresses ou presque sont différentes), ce que la pub ne laissait pas entendre... Ce voleur-là, a-t-il la conscience tranquille ? Enfin, ce "pilleur de science" qui ne voit d'autre issue (suprême élan de malhonnêteté) que de "déplomber" le logiciel EASY CALC (acheté très cher : 345 F) pour qu'enfin il ressemble à quelque chose : Ose-t-il se regarder encore dans une glace, ce voleur-là ?
Celui à qui on a vendu, pendant plusieurs mois, des disquettes à 70 F alors que la vente est encore rentable à 40 F.
A-t-il le droit de citoyenneté ?
Cet infâme escroc, suceur de l'intelligence des autres, spoliateur du bien légitime des producteurs de matériels et de logiciels, dilapidateur de la richesse intellectuelle de l'ère technologique, vous dit ceci : Vous donnez l'impression de vous adresser, avec sérieux, à des gens qui sont convaincus d'avoir atteint le sommet, de toucher au nec plus ultra de la vie moderne. Vous fardez votre discours et vos analyses de toute une mythologie de l'ère informatique, technologique, en pointe... (et allons-y d'une petite cerise,   "Cherry-Paint", pour faire comme la grosse pomme... ) et vous emballez vos lecteurs dans un sac de farine que vos sponsors vous ont préparé ! Disons-le : sous leur honnêteté apparente, vos bancs d'essai "logiciels" ne montrent pas combien tous ces zinzins sont futiles et lassants. Ils ne valent pas le prix qu'on les paye !
Pour tuer l'enthousiasme du public, et détruire en lui la magie que la microinformatique y apporte, il suffit de proposer des logiciels "tout faits" (et souvent mal faits), en exhaltant des qualités qu'ils n'ont pas ! (Bon sang, MULTIGESTION, c'est NUL ! faites-le savoir !).
Alors, qui est le voleur ? qui est le volé ? qui vole au secours des voleurs ?

Dans un numéro précédent, l'éditorial était très largement axé sur le piratage des logiciels. Comme nous le pensions, les réactions, anonymes ou non, ne se firent pas attendre.
Argument majeur des pirates : si les logiciels étaient moins chers, il n'y aurait pas de piratage. Puis, les fabricants de logiciels gagnent de l'argent facilement. Je savais la réponse à de tels arguments,mais j'ai souhaité entendre la version de quelques fabricants.
J'ai donc interrogé, par téléphone, M. BERTRAND de COBRA SOFT, M. VIAU d'ERE INFORMATIQUE, Laurent WEILL de LORICIELS, M. BLOT de FREE GAME BLOT. Je signale au passage que ce reportage a été effectué avant l'arrestation des trois pirates en décembre.

Cette dernière affaire n'est d'ailleurs pas sans intérêt et elle montre, s'il en était encore besoin, que la loi française permet souvent de se défendre. En effet, les pirates ne sont pas poursuivis au vu de la nouvelle loi, mais pour infraction à une loi de 1945 sur l'exercice illégal du commerce. Mais attention : à partir de là, d'autres affaires peuvent se greffer, et particulièrement les problèmes de TVA et d'impôts. La note risque d'être lourde. Il est donc important que le pirate qui fait commerce illégal s'expose à des poursuites autrement plus importantes que celles apparentes aux droits d'auteur et à la contrefaçon.
Les arguments principaux de nos fabricants de logiciels sont quasiment les mêmes pour tous :
–  Il n'y aura plus de pirate lorsque le prix des logiciels sera le même que celui des cassettes... et encore.
–  Les pirates manquent d'originalité dans leurs arguments.
–  Sans piratage il y aurait 40 à 45 % de vente en plus, donc un coût moins élevé.
–  La fabrication d'un logiciel de qualité demande plusieurs mois et une équipe de travail. Les logiciels envoyés par des auteurs sont rarement commerciables.
–  Si cela continue, les fabricants de logiciels disparaîtront les uns après les autres. Ceux qui resteront ne voudront prendre aucun risque.
–  Les droits d'auteur varient suivant les logiciels, et le nom des auteurs. Il est rare qu'un auteur fasse de la co-édition et accepte de prendre les risques de l'éditeur. Certains éditeurs (tel COBRA) sont des concepteurs de logiciels ayant fondé leur société et se paient comme auteurs (au fait, vous attendez quoi pour fonder votre société de logiciel ?).
Autre piratage dangereux : celui de quelques revendeurs qui, pour enlever une vente, offrent une série de jeux, souvent piratés ! Alors que doit-on entrer dans le coût du logiciel ? A tout seigneur tout honneur. L'état qui, en dehors de l'impôt sur les sociétés, se prend une TVA à 18,60 % . Sur un logiciel de 100 F, l'Etat prend déjà 15,68 F. Les droits d'auteur (sur le hors taxe) qui vont de 10 à 50 %.

Les frais de fonctionnement : frais généraux (courrier, téléphone, location de bureau, etc.), la taxe professionnelle, les frais d'étude et de conception. En effet, un logiciel, comme c'est de plus en plus le cas, est conçu au.sein-même de la société.
Ajoutez à cela le boîtier, l'impression et l'étude de la jaquette, les frais (importants) de lancement par publicité, envois de presse, etc.

Dans ce dernier cas, le client français est coupable. L'expérience montre, et sans ambiguïté, qu'un produit se vend bien si l'emballage est beau. A l'inverse des Américains, qui préfèrent nettement le "contenu" au contenant.

Enfin, le prix de la cassette ou de la disquette et le montant de la duplication. Riches, les éditeurs de logiciels ? Si vous en trouvez un, amenez-le moi d'urgence, c'est un cas.

Sylvio FAUREZ, CPC n°7 (JANVIER 1986)

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L'Amstrad CPC est une machine 8 bits à base d'un Z80 à 4MHz. Le premier de la gamme fut le CPC 464 en 1984, équipé d'un lecteur de cassettes intégré il se plaçait en concurrent  du Commodore C64 beaucoup plus compliqué à utiliser et plus cher. Ce fut un réel succès et sorti cette même années le CPC 664 équipé d'un lecteur de disquettes trois pouces intégré. Sa vie fut de courte durée puisqu'en 1985 il fut remplacé par le CPC 6128 qui était plus compact, plus soigné et surtout qui avait 128Ko de RAM au lieu de 64Ko.